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C’est une déclaration qui fera date dans l’histoire de la construction européenne et qui résonne déjà comme un coup de tonnerre dans les chancelleries du Vieux Continent. Ce dimanche 11 janvier 2026, depuis la Suède, le commissaire européen à la défense et à l’espace, Andrius Kubilius, a brisé l’un des derniers tabous de l’Union : la création d’une véritable armée commune. Face à un contexte géopolitique de plus en plus volatile, marqué par l’imprévisibilité de l’allié américain et la persistance de la menace russe, l’ancien Premier ministre lituanien a exhorté les Vingt-Sept à envisager la constitution d’une force militaire permanente.
Cette prise de position intervient alors que l’Europe traverse une crise de confiance majeure vis-à-vis de l’OTAN et de Washington. Selon les informations rapportées par Le Monde et Le Figaro, M. Kubilius ne s’est pas contenté de vœux pieux ; il a chiffré cette ambition, évoquant une force de 100 000 hommes capable de se substituer, à terme, aux troupes américaines stationnées en Europe. Une proposition audacieuse qui place la question de l’autonomie stratégique au cœur des débats de ce début d’année 2026.
Le cœur de la proposition du commissaire européen repose sur un constat lucide et inquiétant : la dépendance militaire de l’Europe envers les États-Unis n’est plus soutenable. Lors de son discours en Suède, Andrius Kubilius a posé une question rhétorique mais lourde de sens : « Comment remplacerons-nous la force américaine de 100 000 hommes, qui est la colonne vertébrale des forces armées en Europe ? » Selon lui, la réponse réside dans la création d’une « force militaire européenne permanente » de taille équivalente.
Cette force ne serait pas une simple juxtaposition de bataillons nationaux, comme c’est le cas pour les actuels groupements tactiques de l’UE (Battlegroups), souvent jugés inopérants, mais une structure intégrée, capable de déploiements rapides et massifs. D’après les propos relayés par l’agence AFP, cette armée aurait pour vocation première de garantir la sécurité du territoire européen sans dépendre du bon vouloir de la Maison Blanche. Il s’agit d’un changement de paradigme total pour une Union européenne qui s’est construite, depuis les années 1950, sous la protection bienveillante de l’OTAN.
L’objectif affiché est clair : atteindre une masse critique suffisante pour dissuader toute agression conventionnelle. Si l’Europe dispose déjà, sur le papier, de près de 1,5 million de soldats si l’on additionne les effectifs des États membres, le manque d’interopérabilité et de commandement unifié rend cette force théorique bien moins efficace que son homologue américaine ou russe.
Le timing de cette annonce ne doit rien au hasard. L’urgence exprimée par Andrius Kubilius est directement liée à la dégradation des relations transatlantiques. Le retour de Donald Trump à la présidence américaine et ses récentes déclarations ont agi comme un électrochoc. Selon plusieurs sources concordantes, dont Le Figaro, les propos insistants du président américain sur son ambition d’annexer le Groenland ont provoqué une onde de choc au sein de l’Alliance atlantique, alimentant les craintes les plus vives quant à la fiabilité de Washington.
Cette résurgence des velléités territoriales américaines sur le territoire autonome danois est perçue à Bruxelles non plus comme une boutade, mais comme le symptôme d’une dérive unilatéraliste dangereuse. Face à un allié qui semble considérer ses partenaires européens comme des variables d’ajustement, voire des concurrents, la nécessité de « s’émanciper » militairement devient une question de survie politique. De plus, la stratégie américaine de « pivot vers l’Asie » pour contrer la Chine laisse présager un désengagement progressif mais inéluctable du théâtre européen, laissant le flanc est de l’UE potentiellement exposé.
L’autre moteur de cette initiative est, sans surprise, la Russie. Quatre ans après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, Moscou ne montre aucun signe d’apaisement. Andrius Kubilius a dressé un tableau sombre de la situation, soulignant que Vladimir Poutine ne cherche pas la paix. Selon les données citées par le commissaire et reprises par l’agence Anadolu, les dépenses militaires de la Russie, en parité de pouvoir d’achat, équivalent désormais à environ 85 % des budgets de défense cumulés de tous les États membres de l’UE.
Ce chiffre illustre le décrochage capacitaire de l’Europe. Malgré les hausses de budget annoncées depuis 2022, l’industrie de défense européenne peine à monter en cadence face à une économie de guerre russe tournant à plein régime. La proposition de M. Kubilius vise donc aussi à rationaliser les dépenses : en mutualisant les moyens au sein d’une armée commune, l’UE pourrait espérer combler ce fossé plus rapidement qu’en laissant chaque État agir en ordre dispersé.
Conscient que la création d’une armée commune nécessite une gouvernance politique forte, le commissaire européen a également avancé l’idée d’un « Conseil de sécurité européen ». Selon ses déclarations rapportées par la presse suédoise, cet organe serait composé de 10 à 12 membres, mêlant sièges permanents pour les grandes puissances européennes et sièges rotatifs pour les autres États membres.
Fait notable, Andrius Kubilius suggère d’y associer le Royaume-Uni, malgré le Brexit. Cette inclusion pragmatique reconnaît le rôle incontournable de Londres, première armée d’Europe de l’Ouest et puissance nucléaire, dans l’architecture de sécurité du continent. Ce conseil aurait pour mission de prendre des décisions rapides en temps de crise, contournant ainsi la lourdeur des processus décisionnels actuels de l’UE qui requièrent souvent l’unanimité à 27, source fréquente de paralysie diplomatique.
Si la vision d’Andrius Kubilius est cohérente, sa mise en œuvre promet d’être un chemin semé d’embûches. La défense reste le cœur régalien de la souveraineté nationale. Convaincre des États comme la France, attachée à son autonomie de décision et à sa dissuasion nucléaire, ou l’Allemagne, dont la constitution encadre strictement l’usage de la force, de placer leurs soldats sous un drapeau commun nécessitera des trésors de diplomatie.
De plus, cette armée commune devra s’appuyer sur une base industrielle et technologique de défense (BITD) européenne renforcée. Actuellement, une part significative des équipements militaires des États membres est encore achetée hors de l’UE, principalement aux États-Unis. Le commissaire a d’ailleurs souligné, selon Euractiv, que les armées européennes ne disposent aujourd’hui que de « 50 % des moyens nécessaires » pour répondre aux standards de l’OTAN, plaidant pour une préférence communautaire dans les acquisitions futures.
La proposition d’Andrius Kubilius ce 11 janvier 2026 marque un tournant rhétorique majeur. En appelant explicitement à la constitution d’une armée commune de 100 000 hommes, le commissaire européen à la défense place les États membres face à leurs responsabilités historiques. Entre un allié américain devenu imprévisible et un voisin russe menaçant, l’Europe ne semble plus avoir le luxe du statu quo. Reste à savoir si les capitales européennes auront le courage politique de transformer cette vision en réalité opérationnelle, ou si ce projet rejoindra la longue liste des ambitions inabouties de la défense européenne. Les prochains sommets européens s’annoncent d’ores et déjà décisifs pour l’avenir sécuritaire du continent.
Le commissaire européen à la défense justifie cette proposition par la nécessité de pallier le désengagement progressif des États-Unis et l’imprévisibilité de l’administration Trump. Cette force permanente vise à remplacer le dispositif de protection américain actuel et à assurer l’autonomie stratégique de l’Europe face à une menace russe persistante et une asymétrie budgétaire inquiétante.
Contrairement aux actuels Battlegroups souvent jugés inopérants, ce projet prévoit une structure intégrée et permanente capable de déploiements massifs et rapides. Il ne s’agirait pas d’une simple juxtaposition de bataillons nationaux, mais d’une véritable armée commune dotée d’un commandement unifié pour garantir la sécurité du territoire sans dépendre de l’OTAN.
Malgré le Brexit, Andrius Kubilius suggère d’inclure le Royaume-Uni dans un futur Conseil de sécurité européen composé de 10 à 12 membres. Cette approche pragmatique reconnaît le statut de Londres comme première armée d’Europe de l’Ouest et puissance nucléaire indispensable à l’architecture de sécurité du continent pour des prises de décision rapides en temps de crise.
La réalisation de ce projet se heurte à la souveraineté nationale des États membres, notamment la France et l’Allemagne, qui gardent la mainmise sur leurs décisions militaires. De plus, l’Union européenne doit surmonter des défis industriels majeurs pour renforcer sa base technologique de défense et réduire sa dépendance aux équipements américains, qui représentent encore une part significative des achats actuels.
Le contexte de janvier 2026, marqué par les tensions autour du Groenland et le pivot américain vers l’Asie, agit comme un électrochoc pour les chancelleries européennes. Face à une Russie dont les dépenses militaires en parité de pouvoir d’achat équivalent à 85 % des budgets cumulés de l’UE, l’urgence de s’émanciper militairement devient une question de survie politique pour les Vingt-Sept.