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C’est une séquence diplomatique qui pourrait redéfinir la place de l’Europe sur l’échiquier mondial. À peine l’encre séchée sur le feu vert donné par les États membres au traité avec le Mercosur le 9 janvier dernier, les regards du Vieux Continent se tournent déjà vers l’Est. Ce lundi 12 janvier 2026, alors qu’il est près de 23h30 à Paris, le chancelier allemand Friedrich Merz est arrivé en Inde pour une visite d’État aux allures de marathon commercial et stratégique.
L’objectif est double : accélérer la finalisation de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et l’Inde, en négociation depuis des années, et boucler un contrat militaire historique. Selon les informations rapportées par BFM Business et 20 Minutes, le dirigeant allemand espère non seulement ouvrir le vaste marché indien aux entreprises européennes, mais aussi sécuriser la vente de six sous-marins pour un montant estimé à 8 milliards de dollars. Une manœuvre qui s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification économique face aux incertitudes chinoises et américaines.
L’actualité économique de ce début d’année 2026 est marquée par une frénésie de négociations. Après l’Amérique du Sud, c’est le géant démographique indien qui est dans le viseur de Bruxelles. D’après les analystes de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, l’Europe cherche urgemment à réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine (« de-risking ») en trouvant des relais de croissance alternatifs. L’Inde, avec sa classe moyenne en pleine expansion et ses besoins colossaux en infrastructures, apparaît comme le partenaire idéal, bien que complexe.
Ce rapprochement n’est pas seulement commercial, il est vital pour la stabilité des chaînes d’approvisionnement. En diversifiant ses fournisseurs, l’UE espère se prémunir contre les chocs inflationnistes qui ont secoué l’économie mondiale ces dernières années. L’enjeu est de taille : faciliter l’exportation de technologies vertes et de machines-outils européennes, tout en sécurisant l’importation de matières premières critiques et de produits pharmaceutiques indiens.
Si le volet commercial est piloté par la Commission européenne, le chancelier Friedrich Merz joue ce lundi le rôle de VRP de luxe pour l’industrie de défense allemande. Selon BFM, le cœur des discussions à New Delhi porte sur le « Projet 75I », un programme de modernisation de la marine indienne. L’allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) est en pole position pour fournir six sous-marins conventionnels dotés d’une technologie de propulsion anaérobie (AIP).
Ce contrat, évalué à environ 8 milliards de dollars (soit plus de 7 milliards d’euros), représenterait l’un des plus gros investissements de défense de l’histoire indienne avec un partenaire occidental. Pour Berlin, il s’agit de consolider sa base industrielle ; pour New Delhi, c’est un moyen de contrer l’influence maritime grandissante de la Chine dans l’Indo-Pacifique tout en réduisant sa dépendance historique aux équipements russes.
Malgré l’optimisme affiché par la délégation allemande, la route vers un accord de libre-échange complet reste semée d’embûches. Selon des sources diplomatiques citées par la presse économique, plusieurs points de friction persistent :
Toutefois, le contexte géopolitique de 2026 pourrait forcer le destin. La nécessité de faire front commun face aux autocraties incite les deux parties au pragmatisme.
Les marchés financiers scrutent cette visite avec attention. En bourse, les valeurs de la défense (comme ThyssenKrupp ou les sous-traitants électroniques) pourraient bénéficier d’un « effet annonce » dès l’ouverture des marchés mardi matin. De plus, un accord commercial réussi enverrait un signal fort aux investisseurs : celui d’une zone euro capable de projeter sa puissance économique au-delà de son voisinage immédiat.
Sur le front de l’inflation, un accord permettrait à terme de réduire les coûts d’importation de nombreux biens de consommation et composants industriels, offrant une bouffée d’oxygène au pouvoir d’achat des ménages européens. C’est donc toute la finance européenne qui a les yeux rivés sur les poignées de main échangées à New Delhi.
Alors que l’Europe digère encore les remous politiques liés à l’accord avec le Mercosur, le pari indien du chancelier Merz marque une volonté d’accélération. Entre diplomatie du sous-marin et négociations tarifaires, les jours qui viennent diront si 2026 sera l’année du mariage de raison entre le Vieux Continent et le sous-continent indien. Une chose est sûre : dans la course mondiale aux parts de marché, l’UE a décidé de ne plus rester spectatrice.
Bruxelles désire réduire sa dépendance envers la Chine et trouver de nouveaux partenaires fiables via une stratégie de réduction des risques. Cette démarche vise à sécuriser les chaînes logistiques, exporter des technologies vertes et accéder aux vastes ressources de ce géant démographique.
Les discussions portent sur la vente de six sous-marins de nouvelle génération par la firme allemande ThyssenKrupp. Ce contrat aiderait la marine indienne à contrer influence chinoise dans la région Indo-Pacifique et à moins dépendre du matériel militaire russe.
Le désaccord persiste sur les taxes indiennes touchant les automobiles et spiritueux européens. En retour, la partie indienne exige plus de visas pour ses travailleurs qualifiés, alors que les normes écologiques européennes sont jugées trop strictes par New Delhi.
Une signature boosterait les actions du secteur défense et rassurerait les investisseurs sur la puissance européenne. Pour les ménages, cela pourrait réduire le coût des produits importés et donc freiner inflation sur le long terme.
Juste après le succès diplomatique en Amérique du Sud, cette visite marque un pivot stratégique vers l Asie. Elle confirme la volonté européenne de diversifier ses alliances mondiales pour ne plus subir les incertitudes américaines ou chinoises.