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Venezuela : Libérations, tutelle US et fronde républicaine

Autore: Francesco Zinghinì | Data: 10 Gennaio 2026

Ce jeudi 8 janvier 2026 restera une date charnière dans l’histoire récente et tumultueuse du Venezuela. Cinq jours à peine après l’opération militaire américaine spectaculaire du 3 janvier ayant mené à la capture de Nicolás Maduro, le pays entame une transition incertaine, marquée par des signaux contradictoires. D’un côté, les grilles des prisons s’ouvrent pour des figures emblématiques de l’opposition ; de l’autre, l’ombre de Washington plane plus lourdement que jamais sur Caracas, provoquant des remous jusqu’au sein du Capitole américain.

Alors que la nouvelle présidente par intérim, Delcy Rodríguez, tente d’asseoir une autorité que beaucoup jugent sous influence, la scène internationale et la politique intérieure américaine s’enflamment. Entre diplomatie de la canonnière 2.0 et tentatives de normalisation, le Venezuela devient l’épicentre d’une nouvelle recomposition géopolitique mondiale, où les alliances traditionnelles sont rebattues et où le sort des droits humains reste en balance.

Une vague de libérations symbolique mais douloureuse

Le geste se veut un signe d’apaisement immédiat. Ce jeudi, le gouvernement de transition a annoncé la libération d’un « nombre important » de prisonniers politiques, un mouvement salué par les chancelleries occidentales. Parmi les personnes relâchées figurent cinq ressortissants espagnols, dont un binational, ainsi que l’avocate et militante des droits humains Rocío San Miguel, arrêtée en février 2024 et accusée à l’époque de « trahison » et de « terrorisme ». Selon son avocate, elle « va bien », une nouvelle qui apporte un soulagement temporaire à une société civile éprouvée.

Cependant, ces libérations s’accompagnent de témoignages glaçants sur la réalité du système carcéral vénézuélien sous l’ère Maduro. Le journal Libération a publié ce même jour le récit poignant de Camilo Castro. Ce Franco-Chilien, séquestré pendant cinq mois et libéré fin 2025, décrit un véritable calvaire où les détenus « mouraient à petit feu ». Son témoignage, évoquant tortures et conditions inhumaines, rappelle que si les portes des prisons s’ouvrent aujourd’hui, le traumatisme de la répression reste vif. Selon l’ONG Foro Penal, qui recensait encore plus de 800 prisonniers politiques avant cette vague de libérations, le chemin vers la justice sera long.

Washington : La fronde républicaine contre Donald Trump

Si l’opération du 3 janvier a été présentée par la Maison-Blanche comme un succès militaire éclatant, elle a ouvert une crise politique inattendue à Washington. Fait rare en matière de relations internationales, une partie du camp républicain s’est retournée contre le président Donald Trump. Ce jeudi, plusieurs sénateurs républicains ont joint leurs voix à celles des démocrates pour voter une résolution visant à limiter les pouvoirs de guerre du président.

L’objectif de ce texte est clair : réaffirmer les prérogatives du Congrès et empêcher que la présence américaine au Venezuela ne se transforme en une occupation militaire de longue durée sans mandat législatif. Les élus craignent un enlisement et contestent la légalité d’une intervention unilatérale. Bien que Donald Trump dispose d’un droit de veto probablement insurmontable, ce vote symbolique illustre une fracture profonde au sein du parti républicain sur la doctrine interventionniste du président, ravivant les débats sur l’isolationnisme versus l’ingérence directe.

Une “tutelle” américaine de facto et des réactions polarisées

Sur le terrain, la souveraineté du Venezuela semble plus théorique que réelle. Malgré les déclarations de Delcy Rodríguez assurant que son pays n’est « ni subordonné ni soumis », les faits décrivent une autre réalité économique et sécuritaire. Donald Trump a d’ores et déjà annoncé que les revenus du pétrole vénézuélien serviraient exclusivement à l’achat de produits américains, dessinant les contours d’une tutelle économique stricte appelée à durer.

Cette situation a provoqué une levée de boucliers dans le monde. L’Alliance des États du Sahel (AES) — comprenant le Mali, le Burkina Faso et le Niger — ainsi que l’Afrique du Sud ont fermement condamné ce qu’ils qualifient d’« acte d’agression » et de violation flagrante du droit international. Moscou, de son côté, accuse Washington d’attiser les tensions militaires, notamment après la saisie d’un pétrolier russe dans l’Atlantique Nord, ajoutant une couche de complexité à des conflits diplomatiques déjà tendus.

Conclusion

La situation au Venezuela en ce 8 janvier 2026 est celle d’un pays en équilibre instable. La chute de Nicolás Maduro, loin de clore le chapitre de la crise, a ouvert une période de transition sous haute surveillance. Entre les libérations de prisonniers qui redonnent espoir et la mise en place d’une administration sous perfusion américaine, l’avenir de la diplomatie sud-américaine se joue désormais dans un bras de fer entre la volonté de puissance de Washington et les résistances, tant internes qu’internationales, qui commencent à s’organiser.

Questions fréquemment posées

Que s’est-il passé au Venezuela début janvier 2026 ?

Le pays traverse une période de transition historique suite à une opération militaire américaine menée le 3 janvier qui a abouti à la capture de Nicolás Maduro. Cette intervention a conduit à la mise en place d une présidence par intérim dirigée par Delcy Rodríguez, dont l autorité est perçue comme étant sous forte influence de Washington. La situation actuelle mêle libérations de prisonniers politiques et instauration d une tutelle économique stricte par les États-Unis.

Qui sont les prisonniers politiques libérés par le gouvernement de transition ?

Dans un geste d apaisement, le nouveau gouvernement a relâché plusieurs figures importantes, dont l avocate et militante des droits humains Rocío San Miguel, arrêtée en 2024, ainsi que cinq ressortissants espagnols. Bien que ces libérations soient saluées par l Occident, des ONG comme Foro Penal et des témoignages d anciens détenus rappellent que des centaines de personnes restent emprisonnées et que le système carcéral a été marqué par des pratiques inhumaines sous l ère précédente.

Pourquoi le Congrès américain s oppose-t-il aux décisions de Donald Trump sur le Venezuela ?

Une crise politique inattendue a éclaté à Washington, où des sénateurs républicains se sont joints aux démocrates pour voter une résolution limitant les pouvoirs de guerre du président. Les élus craignent que l intervention ne se transforme en une occupation militaire de longue durée sans mandat législatif et contestent la légalité d une action unilatérale, marquant une fracture au sein du parti républicain sur la doctrine interventionniste.

Quelles sont les conséquences économiques de l intervention américaine pour le Venezuela ?

La souveraineté économique du Venezuela est fortement remise en cause par les décisions de la Maison-Blanche. Donald Trump a annoncé que les revenus issus du pétrole vénézuélien serviraient exclusivement à l achat de produits américains, instaurant une tutelle de facto. Cette mesure vise à contrôler les ressources du pays mais soulève des critiques sur la subordination économique de Caracas envers Washington.

Comment la communauté internationale réagit-elle à la situation au Venezuela ?

Les réactions sont très polarisées à l échelle mondiale. Si les chancelleries occidentales accueillent favorablement les libérations, d autres acteurs comme l Alliance des États du Sahel, l Afrique du Sud et la Russie condamnent fermement l opération. Moscou accuse notamment les États-Unis d attiser les tensions militaires et de violer le droit international, qualifiant la gestion des ressources vénézuéliennes et les actions militaires d actes d agression.