En Bref (TL;DR)
Malgré des performances mitigées à Oberhof, Lou Jeanmonnot parvient à conserver son dossard jaune de leader de la Coupe du monde.
Cette méforme passagère résulte d’une préparation perturbée par le manque de neige, obligeant l’athlète à s’entraîner sur bitume.
La biathlète profite des erreurs de ses rivales pour maintenir son avance, démontrant une résilience mentale cruciale pour le titre.
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C’est un soupir de soulagement qui a dû traverser le camp français ce lundi matin. Au lendemain d’une étape d’Oberhof particulièrement éprouvante, Lou Jeanmonnot est toujours la porteuse du dossard jaune de leader de la Coupe du monde. Mais que ce fut dur. Arrivée en Thuringe avec le statut de patronne, la biathlète du Doubs repart d’Allemagne avec des certitudes ébranlées et une avance qui fond comme neige au soleil, sauvée in extremis par les contre-performances relatives de ses poursuivantes directes.
Le bilan comptable est là : avec 553 points, elle devance encore la Finlandaise Suvi Minkkinen (503 points) et la Norvégienne Maren Kirkeeide. Pourtant, sur la piste, la Française a semblé méconnaissable. Loin de sa fluidité habituelle, elle a affiché un visage marqué par l’effort et la frustration, terminant une poursuite anonyme à la 10e place après un sprint déjà laborieux (7e). Retour sur un week-end où la résilience a pris le pas sur la performance.

Un week-end de survie dans le brouillard allemand
Oberhof est connu pour être le juge de paix de l’hiver, un lieu où les carrières peuvent basculer. Pour Lou Jeanmonnot, cette édition 2026 aura eu des allures de chemin de croix. Dès le sprint, les signaux d’alerte étaient allumés : un « ski lent » inhabituel pour celle qui a tant progressé sur les planches, couplé à un « tir chancelant ». Lors de la poursuite dominicale remportée par la Suédoise Elvira Oeberg, la Française n’a jamais semblé en mesure de jouer les premiers rôles, subissant la course plus qu’elle ne la dictait.
Selon les observateurs présents sur place, la leader du classement général a manqué de ce « peps » qui la caractérise. Sur le relais samedi, malgré la victoire des Bleues, elle confiait déjà au micro de La Chaîne L’Équipe : « Ce n’était pas un bon tir et la gestion n’était pas trop bonne, je suis partie trop vite et n’ai pas pu bien finir ». Une lucidité qui tranche avec ses standards habituels d’excellence.
« 15 jours de ski à roulettes » : l’explication d’une méforme

Comment expliquer ce coup de mou soudain ? L’explication ne se trouve pas uniquement dans la difficulté des pistes allemandes, mais bien en amont de la compétition. La préparation durant la trêve de Noël semble avoir été perturbée par les conditions météorologiques capricieuses en Europe. Selon des sources proches de l’encadrement, la biathlète a dû composer avec un manque de neige criant avant de rejoindre l’Allemagne.
« Elle a passé 15 jours à faire du ski à roulettes », rapporte l’entourage de l’équipe de France pour justifier ce manque de rythme criant sur les skis. Passer du bitume à la neige lourde et brassée d’Oberhof sans transition adéquate est un défi physiologique majeur. Les muscles ne travaillent pas de la même manière, les appuis fuient, et la fatigue s’installe plus vite, altérant par ricochet la lucidité derrière la carabine. C’est exactement le scénario qui s’est joué ce week-end : une athlète en recherche de sensations, obligée de puiser dans ses réserves mentales pour limiter la casse.
Le classement général : un statu quo miraculeux

Le paradoxe de ce week-end réside dans le classement général actualisé ce matin. Si Lou Jeanmonnot a vacillé, elle n’est pas tombée. Mieux, elle ne paie pas le prix fort de sa méforme. Ses rivales directes pour le gros globe de cristal n’ont pas su profiter de l’aubaine. La Finlandaise Suvi Minkkinen, bien que régulière, n’a pas réalisé le « coup » parfait qui lui aurait permis de s’emparer de la tunique jaune. Quant à Justine Braisaz-Bouchet et Julia Simon, elles restent en embuscade mais accusent encore un retard conséquent (304 points chacune).
C’est une guerre d’usure qui s’installe. Jeanmonnot conserve 50 points d’avance, un matelas confortable mais pas définitif alors que la caravane du biathlon se dirige vers Ruhpolding. Elle a « grillé un joker », comme on dit dans le jargon, mais elle a prouvé qu’elle savait marquer des points importants même dans ses mauvais jours, la marque des grandes championnes.
L’exigence physique : bien plus que du simple sport
Il est parfois difficile pour le grand public de mesurer l’intensité d’une saison de biathlon. Ce n’est pas comme un match de football où l’on peut temporiser, ni comme une partie de tennis où les pauses entre les jeux permettent de reprendre son souffle. Ici, le chronomètre ne s’arrête jamais. L’effort est plus violent qu’un quart-temps de basket, répété jour après jour, dans le froid et l’humidité.
Chaque athlète de haut niveau sait que la gestion des temps faibles est cruciale. Dans cette compétition acharnée qu’est la Coupe du monde, la capacité à accepter la souffrance et à « faire le dos rond » quand le corps ne répond pas est aussi importante que la forme physique pure. Lou Jeanmonnot a démontré ce week-end qu’elle avait le mental pour encaisser les coups sans rompre, une qualité essentielle pour quiconque prétend au titre suprême dans ce sport impitoyable.
Conclusion

Lou Jeanmonnot quitte Oberhof avec le maillot jaune, et c’est bien là l’essentiel. Si les voyants physiques sont à l’orange après une préparation tronquée sur ski à roulettes, le mental, lui, reste intact. La Française a su limiter les dégâts face à une concurrence qui, heureusement pour elle, n’a pas su porter l’estocade. Cap désormais sur Ruhpolding, où une piste plus roulante et des conditions espérées meilleures pourraient lui permettre de retrouver son ski et, surtout, sa sérénité face aux cibles. La bataille pour le globe de cristal ne fait que commencer, et Jeanmonnot est toujours la femme à abattre.
Questions fréquemment posées

La biathlète française reste leader du classement général car ses rivales directes ont échoué à profiter de sa méforme pour lui ravir la première place. Avec un total de 553 points, elle conserve une avance de 50 points sur la Finlandaise Suvi Minkkinen, prouvant sa capacité à limiter la casse et à marquer des points cruciaux même lors des week-ends difficiles.
Le manque de rythme sur les skis provient principalement de conditions météo capricieuses durant la trêve de Noël en Europe. Faute de neige suffisante, la biathlète a dû réaliser sa préparation sur des skis à roulettes pendant deux semaines, rendant la transition physiologique vers la neige lourde et brassée de la piste allemande particulièrement éprouvante.
Actuellement, la menace la plus directe au classement général vient de la Finlandaise Suvi Minkkinen qui pointe à la deuxième place. Les compatriotes de la leader, Justine Braisaz-Bouchet et Julia Simon, restent des adversaires redoutables mais accusent pour le moment un retard conséquent de plus de 300 points sur la porteuse du dossard jaune.
Le passage brutal du bitume à une neige difficile sans transition adéquate a engendré une fatigue musculaire précoce et une perte de stabilité dans les appuis. Cette usure physique a directement altéré la lucidité nécessaire derrière la carabine, expliquant les difficultés inhabituelles rencontrées par la Française face aux cibles lors du sprint et de la poursuite.
La compétition se poursuit immédiatement à Ruhpolding, une autre étape située en Allemagne. Ce site est attendu avec impatience car il devrait offrir une piste plus roulante et des conditions plus clémentes, propices à aider la leader du classement à retrouver ses sensations de glisse et sa sérénité habituelle.

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