C’est une révélation qui risque d’embraser un peu plus la colère des familles des victimes, dix-huit jours après le drame qui a endeuillé la Suisse. Alors que l’enquête sur l’incendie du bar « Le Constellation » à Crans-Montana bat son plein, de nouveaux éléments troublants viennent d’émerger ce dimanche 18 janvier 2026. Jacques Moretti, le gérant de l’établissement où 40 personnes ont perdu la vie le soir du Nouvel An, n’était pas un inconnu des services administratifs et judiciaires, y compris pour sa gestion de ce lieu spécifique.
Selon les dernières informations, l’homme d’affaires corse de 49 ans avait déjà fait l’objet d’une condamnation en 2016, à peine un an après sa reprise de l’établissement valaisan. Cette condamnation, passée inaperçue à l’époque, concernait précisément des irrégularités dans la gestion du « Constellation ». Une pièce de plus à verser au dossier déjà lourd de celui que l’écrivain Roberto Saviano accuse désormais ouvertement d’entretenir des liens avec le crime organisé.
Une gestion déjà sanctionnée en 2016
L’information, qui circule depuis ce matin, jette une lumière crue sur les possibles défaillances de la chaîne de contrôle. Jacques Moretti, qui a racheté le bar-club en 2015 avec son épouse Jessica, a été condamné dès 2016 pour sa gestion du « Constellation ». Si la nature exacte de cette condamnation spécifique restait jusqu’ici confidentielle, elle soulève une question brûlante : comment l’établissement a-t-il pu continuer à fonctionner sans surveillance accrue après un tel avertissement ?
Cette révélation intervient alors que l’instruction pénale ouverte par le Ministère public valaisan vise déjà les chefs d’accusation d’homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence. Le fait que le gérant ait été sanctionné dès le début de son activité à Crans-Montana renforce l’hypothèse d’un laxisme latent ou, pire, d’une forme d’impunité dont aurait bénéficié le couple Moretti au sein de la station huppée.
Le drame du Nouvel An : rappel des faits


Pour comprendre l’ampleur du scandale, il faut revenir sur la nuit tragique du 1er janvier 2026. À 1h26 du matin, alors que la fête battait son plein pour célébrer la nouvelle année, des feux de bengale fixés sur des bouteilles de champagne ont embrasé le plafond de l’établissement. La mousse d’isolation phonique, hautement inflammable, a propagé le feu à une vitesse foudroyante, piégeant les clients dans un brasier toxique.
Le bilan est l’un des plus lourds de l’histoire contemporaine suisse : 40 morts et 116 blessés, dont de nombreux grands brûlés actuellement soignés dans toute l’Europe. L’enquête technique a rapidement mis en cause l’utilisation de pyrotechnie en intérieur et la non-conformité des matériaux d’isolation. Mais au-delà des causes techniques, c’est la personnalité des propriétaires qui cristallise aujourd’hui toutes les attentions.
Roberto Saviano et la piste de la « mafia corse »

L’affaire a pris une dimension internationale avec l’intervention de Roberto Saviano. L’auteur de Gomorra et spécialiste du crime organisé a publié une tribune incendiaire dans le Corriere della Sera, reprise par la presse suisse et française. Selon lui, l’incendie de Crans-Montana n’est pas un simple accident, mais le symptôme d’un mal plus profond : l’infiltration des capitaux mafieux dans l’économie légale européenne.
Saviano s’interroge ouvertement sur les liens entre les Moretti, le « Constellation » et la mafia corse. Il pointe du doigt une anomalie majeure : l’absence apparente de contrôles de sécurité sérieux dans l’établissement depuis 2019. Pour le journaliste italien, ce « trou » dans la surveillance pourrait indiquer une forme de protection ou de crainte inspirée par les propriétaires. Il décrit un système où l’argent blanchi permet d’acheter le silence et la complaisance, transformant des lieux de fête en pièges mortels.
Un passé judiciaire chargé en France
Le profil de Jacques Moretti ne plaide pas en sa faveur. Avant même son arrivée en Suisse en 2015, l’homme traînait un casier judiciaire chargé en France, comme l’ont confirmé plusieurs sources policières. Originaire de Ghisonaccia, en Haute-Corse, il a été condamné en octobre 2008 par le tribunal d’Annecy pour « proxénétisme aggravé ». La justice lui reprochait alors d’avoir tiré profit de la prostitution de jeunes femmes entre la Haute-Savoie et la Suisse, écopant de 12 mois de prison dont 8 avec sursis.
Deux ans plus tard, en 2010, c’est à Bastia qu’il était condamné pour une affaire d’escroquerie aux aides au logement (APL), ayant perçu indûment près de 7 000 euros via de fausses déclarations. Ce passé de délinquance astucieuse et de criminalité organisée contraste violemment avec l’image de l’entrepreneur à succès qu’il s’était construite à Crans-Montana, où il possédait également le restaurant « Le Senso » et l’auberge « Le Vieux Chalet » à Lens.
La colère des familles et l’attente de justice
Face à l’accumulation de ces révélations, l’indignation monte parmi les proches des victimes. Comment un homme condamné pour proxénétisme et escroquerie, puis sanctionné pour sa gestion dès 2016, a-t-il pu continuer à exploiter un établissement recevant du public sans être inquiété ? La question de la responsabilité des autorités cantonales et communales est désormais posée avec acuité.
Les avocats des familles des victimes réclament que toute la lumière soit faite, non seulement sur les circonstances immédiates de l’incendie, mais aussi sur les protections éventuelles dont aurait pu bénéficier le couple Moretti. La thèse de l’accident industriel cède peu à peu la place à celle d’un crime systémique, fruit de la négligence et de l’aveuglement volontaire face à des profils sulfureux.
En Bref (TL;DR)
Jacques Moretti avait déjà été condamné en 2016 pour des irrégularités dans la gestion du bar « Le Constellation ».
L’écrivain Roberto Saviano pointe du doigt l’absence de contrôles et évoque des liens possibles avec le crime organisé.
Les révélations sur le passé criminel du gérant amplifient le scandale de cet incendie meurtrier ayant coûté quarante vies.
Conclusion

Alors que Jacques Moretti reste présumé innocent des chefs d’accusation liés directement à l’incendie tant qu’il n’a pas été jugé, son passé le rattrape inexorablement. La révélation de cette condamnation de 2016 concernant le « Constellation » est un tournant dans l’enquête. Elle détruit la ligne de défense de la simple méconnaissance des normes et accrédite la thèse d’une gestion à risque, consciente et répétée. Crans-Montana, station joyau des Alpes, se retrouve aujourd’hui au cœur d’une tempête judiciaire et médiatique qui dépasse largement ses frontières, exposant les failles d’un système où l’argent roi a peut-être trop longtemps fait la loi.
Questions fréquemment posées

Jacques Moretti est le gérant du bar Le Constellation à Crans-Montana, originaire de Haute-Corse. Avant le drame de 2026, il possédait déjà un casier judiciaire chargé en France, ayant été condamné en 2008 pour proxénétisme aggravé et en 2010 pour escroquerie aux aides au logement. De plus, une condamnation de 2016 liée à sa gestion du bar suisse vient d’être révélée, soulignant un passé de délinquance et de négligence.
L’incendie survenu lors du Nouvel An 2026 a été provoqué par l’utilisation de feux de bengale sur des bouteilles de champagne à l’intérieur de l’établissement. Ces artifices ont embrasé le plafond recouvert d’une mousse d’isolation phonique hautement inflammable et non conforme. La propagation foudroyante du feu a transformé le lieu en un piège mortel pour les clients présents.
L’écrivain et spécialiste du crime organisé Roberto Saviano estime que cet incendie est symptomatique de l’infiltration des capitaux mafieux dans l’économie légale. Il pointe du doigt l’absence suspecte de contrôles de sécurité depuis 2019 et suggère que l’argent blanchi a pu servir à acheter une forme d’impunité ou de silence administratif autour des activités du couple Moretti.
La révélation que Jacques Moretti a été condamné dès 2016 pour des irrégularités dans la gestion du Constellation prouve que les défaillances n’étaient pas nouvelles. Cet élément détruit la défense basée sur la méconnaissance des normes et renforce la thèse d’une négligence consciente et répétée. Elle pose aussi la question lourde de la responsabilité des autorités qui ont laissé l’établissement ouvert malgré cet avertissement précoce.
Le bilan de cette tragédie est l’un des plus lourds de l’histoire suisse récente, avec 40 personnes décédées et 116 blessés. De nombreuses victimes souffrent de graves brûlures et sont actuellement soignées dans divers hôpitaux à travers l’Europe. Les familles des victimes réclament désormais justice face à ce qui semble être un crime systémique plutôt qu’un simple accident.
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