En Bref (TL;DR)
Le fonds de pension danois AkademikerPension liquide son exposition à la dette américaine, jugeant les finances publiques de Washington désormais insoutenables.
Cette décision symbolique brise le tabou du « taux sans risque », remettant en cause la solvabilité à long terme de la première puissance mondiale.
Bien que financière, cette vente s’inscrit dans un climat de tensions diplomatiques autour du Groenland, obligeant Washington à rassurer les marchés internationaux.
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C’est un signal faible par son montant, mais assourdissant par sa symbolique. Alors que les bons du Trésor américain (Treasuries) sont historiquement considérés comme l’actif le plus sûr de la planète financière — le fameux « taux sans risque » —, un investisseur institutionnel européen vient de briser ce tabou. Le fonds de pension danois AkademikerPension a annoncé, ce mardi, sa décision de liquider l’intégralité de son exposition à la dette souveraine américaine d’ici la fin du mois de janvier 2026.
Cette décision, rare dans l’univers feutré de la gestion d’actifs institutionnelle, ne relève pas d’un simple arbitrage technique. Elle est justifiée par une critique acerbe de la gestion budgétaire de Washington. Dans un contexte économique mondial déjà tendu par les incertitudes inflationnistes, ce désaveu venu du Danemark pose une question qui fâche : la dette de la première puissance mondiale est-elle devenue un actif à risque ?

Une défiance envers la «mauvaise santé» des comptes US
Le motif officiel invoqué par AkademikerPension est sans appel. Selon le fonds, qui gère environ 25,7 milliards de dollars (environ 164 milliards de couronnes danoises) pour le compte d’universitaires et d’enseignants, les États-Unis ne présentent plus les garanties de solvabilité suffisantes à long terme. « Cette décision est motivée par la mauvaise santé des finances publiques américaines », a déclaré sans détour Anders Schelde, le directeur des investissements du fonds.
Pour ce gestionnaire, la trajectoire de la dette fédérale américaine et l’absence de discipline budgétaire rendent les obligations d’État américaines moins attractives. « Les États-Unis ne sont fondamentalement pas un bon crédit et, à long terme, les finances du gouvernement américain ne sont pas viables », a précisé Anders Schelde, cité par plusieurs agences de presse financières. En conséquence, le fonds a décidé qu’il devait « trouver un autre moyen de gérer [ses] liquidités et [ses] risques », tournant ainsi le dos à l’actif refuge par excellence.
Concrètement, AkademikerPension va céder pour environ 100 millions de dollars de bons du Trésor. Si ce montant reste une goutte d’eau dans l’océan de la dette américaine (qui se compte en dizaines de milliers de milliards), le geste marque une rupture psychologique. Il suggère que pour certains investisseurs européens, le couple rendement-risque de la dette US n’est plus satisfaisant.
L’ombre des tensions géopolitiques et du Groenland

Il est difficile de dissocier totalement cette décision du climat géopolitique délétère qui règne actuellement entre Copenhague et Washington. Les récentes déclarations de l’administration de Donald Trump, réitérant ses velléités d’achat ou de contrôle sur le Groenland (territoire autonome du Danemark), ont jeté un froid diplomatique. Cependant, AkademikerPension insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une mesure de rétorsion politique, mais bien d’un choix financier rationnel.
Néanmoins, Anders Schelde a reconnu une certaine porosité entre les deux sujets. « Cette décision n’est donc pas directement liée au fossé qui se creuse actuellement entre les États-Unis et l’Europe, mais cela n’a bien sûr pas rendu la décision plus difficile à prendre », a-t-il admis. Les menaces commerciales et les tensions diplomatiques agissent ici comme un catalyseur, incitant les gestionnaires de risques à réduire leur exposition au dollar et aux actifs sous juridiction américaine.
Ce mouvement s’inscrit d’ailleurs dans une tendance plus large au Danemark. Depuis le début de l’année 2025, plusieurs institutions financières danoises ont réduit leur exposition aux bons du Trésor américain, avec des ventes nettes estimées à près de 10 milliards de couronnes (environ 1,3 milliard d’euros), reflétant une inquiétude grandissante face à l’imprévisibilité de la politique américaine.
Washington tente d’éteindre l’incendie à Davos

La nouvelle n’a pas manqué de faire réagir au plus haut sommet de l’État américain. Présent au Forum économique mondial de Davos, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a tenté de minimiser l’incident. Interrogé sur la possibilité que les Européens utilisent la dette comme une arme de rétorsion face aux pressions sur le Groenland, il a qualifié cette hypothèse de « récit trompeur » (false narrative).
Pour l’administration américaine, il est crucial d’éviter que ce type de décision ne fasse tache d’huile. Si la vente de 100 millions de dollars est absorbable sans heurts par le marché, une généralisation de cette défiance parmi les fonds de pension européens ou les banques centrales asiatiques pourrait avoir des conséquences désastreuses sur les taux d’intérêt et le financement du déficit américain.
Conclusion

La décision d’AkademikerPension de se délester de ses bons du Trésor américain est un avertissement sérieux pour les marchés. Elle met en lumière une préoccupation croissante : la soutenabilité de la dette publique américaine n’est plus un sujet tabou. Entre une inflation persistante, des déficits abyssaux et un climat géopolitique instable sous la présidence Trump, le statut de « valeur refuge » du dollar et des Treasuries est, sinon contesté, du moins réévalué avec une froide lucidité par les gestionnaires d’actifs. Reste à savoir si ce fonds danois restera un cas isolé ou s’il préfigure une réallocation stratégique plus vaste des capitaux mondiaux.
Questions fréquemment posées

Le fonds de pension a décidé de liquider ses bons du Trésor car il considère que la santé financière des États-Unis se dégrade dangereusement. Selon la direction du fonds, la trajectoire de la dette fédérale et le manque de discipline budgétaire à Washington rendent ces actifs non viables à long terme. Ils estiment que les États-Unis ne présentent plus les garanties de solvabilité suffisantes pour justifier le maintien de ces investissements.
Historiquement perçus comme l actif le plus sûr de la planète financière, ce statut est aujourd hui remis en question par certains investisseurs institutionnels. La décision d AkademikerPension marque une rupture psychologique, suggérant que le couple rendement-risque de la dette américaine n est plus satisfaisant. Les incertitudes inflationnistes et les déficits abyssaux poussent certains gestionnaires à réévaluer la sécurité de ces placements.
Bien que le fonds affirme qu il s agit d un choix financier rationnel et non d une mesure de rétorsion politique, le climat diplomatique tendu entre Copenhague et Washington a servi de catalyseur. Les velléités de l administration Trump concernant le Groenland et les menaces commerciales incitent les gestionnaires de risques à réduire leur exposition au dollar et aux actifs sous juridiction américaine.
Si le montant de la vente, environ 100 millions de dollars, reste minime par rapport à la dette totale, le risque principal est celui de la contagion. Une généralisation de cette défiance parmi d autres fonds de pension européens ou banques centrales pourrait faire grimper les taux d intérêt et compliquer le financement du déficit américain. C est un signal faible qui inquiète toutefois l administration américaine.
Non, ce mouvement s inscrit dans une tendance plus large observée depuis le début de l année 2025. Plusieurs institutions financières danoises ont réduit leur exposition aux bons du Trésor américain, avec des ventes nettes estimées à plus d un milliard d euros. Cela reflète une inquiétude grandissante face à l imprévisibilité de la politique économique américaine.



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