En Bref (TL;DR)
Des chercheurs français établissent une corrélation alarmante entre la consommation de conservateurs et l’apparition de maladies chroniques graves.
Une consommation élevée de certains additifs courants accroît le risque de diabète de type 2 de près de 50 %.
L’omniprésence de ces molécules dans l’alimentation industrielle complique la prévention face à ces nouveaux risques sanitaires avérés.
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C’est une nouvelle qui risque de bouleverser les habitudes de consommation de millions de Français. En ce samedi 10 janvier 2026, la communauté scientifique et médicale est en ébullition suite à la publication, il y a deux jours, de deux études d’envergure internationale. Ces travaux, menés par des équipes de recherche françaises, mettent en lumière une corrélation inquiétante entre la consommation régulière de certains conservateurs alimentaires et l’augmentation des risques de développer des maladies chroniques graves, notamment le diabète de type 2 et certains cancers.
Alors que ces additifs sont omniprésents dans les rayons de nos supermarchés, du pain de mie aux plats préparés en passant par la charcuterie, ces révélations posent la question de l’innocuité de notre alimentation industrielle. Jusqu’ici, les soupçons pesaient principalement sur les produits ultra-transformés dans leur globalité ; désormais, ce sont des molécules précises, censées protéger nos aliments, qui se retrouvent dans le viseur des chercheurs en santé publique.

Une première mondiale signée par la recherche française
Publiées simultanément ce jeudi 8 janvier 2026 dans deux revues prestigieuses, The BMJ (British Medical Journal) et Nature Communications, ces études ont été coordonnées par l’équipe de Recherche en Épidémiologie Nutritionnelle (EREN), qui rassemble des chercheurs de l’Inserm, de l’Inrae, du Cnam et de l’Université Sorbonne Paris Nord. La force de ces travaux réside dans leur ampleur : ils s’appuient sur les données de la célèbre cohorte NutriNet-Santé, qui suit les comportements alimentaires et l’état de santé de plus de 100 000 Français depuis 2009.
Selon Mathilde Touvier, directrice de recherche à l’Inserm et coordinatrice de ces travaux, il s’agit des « deux premières études au monde sur les liens entre additifs conservateurs et incidence de cancer et de diabète de type 2 ». Cette méthodologie rigoureuse a permis d’isoler l’impact spécifique des conservateurs, indépendamment d’autres facteurs de risque comme le tabagisme, la sédentarité ou l’apport calorique global.
Diabète de type 2 : un risque accru de près de 50 %

Le volet de la recherche consacré au métabolisme, publié dans Nature Communications, apporte des conclusions particulièrement alarmantes concernant le diabète. Les chercheurs ont analysé l’impact de plusieurs familles de conservateurs, notamment les non-antioxydants (utilisés pour éviter la prolifération microbienne) et les antioxydants (utilisés pour éviter le rancissement).
Les résultats montrent qu’une consommation élevée de certains additifs est associée à une augmentation significative du risque de développer un diabète de type 2. Selon les données de l’étude, ce sur-risque oscille entre +40 % et +49 % pour les plus gros consommateurs par rapport aux faibles consommateurs. Parmi les substances incriminées, les scientifiques pointent spécifiquement du doigt :
- Le nitrite de sodium (E250), très courant dans les charcuteries ;
- Le sorbate de potassium (E202), utilisé dans les laitages et pâtisseries industrielles ;
- Le métabisulfite de potassium (E224), présent dans les vins et fruits secs ;
- L’acide acétique (E260) et le propionate de calcium (E282).
Ces molécules pourraient perturber le métabolisme glucidique ou la flore intestinale, favorisant ainsi l’apparition de la maladie.
Des liens ciblés avec le cancer du sein et de la prostate

La seconde étude, parue dans le BMJ, s’est concentrée sur le risque oncologique. Sur la période de suivi (2009-2023), plus de 4 000 cas de cancers ont été diagnostiqués parmi les participants. L’analyse statistique révèle que l’exposition globale aux conservateurs non-antioxydants est corrélée à une hausse de l’incidence du cancer.
Les chercheurs ont identifié des associations spécifiques préoccupantes. Par exemple, une consommation élevée de nitrites (E250) est associée à une augmentation de 32 % du risque de cancer de la prostate. De même, les érythorbates et certains conservateurs de la famille des sulfites semblent liés à une incidence plus élevée de cancer du sein. Selon les auteurs de l’étude, ces composés pourraient agir en créant un terrain inflammatoire chronique ou en modulant les voies immunitaires, des mécanismes connus pour favoriser la cancérogenèse.
Une omniprésence qui complique la prévention
Le défi majeur pour la prévention réside dans l’omniprésence de ces substances. D’après les chercheurs, qui ont croisé leurs données avec la base Open Food Facts, environ un produit alimentaire sur cinq contient au moins un de ces conservateurs. Sur les 3,5 millions de produits référencés en 2024, plus de 700 000 en contenaient.
Cette exposition « cocktail » est difficile à éviter pour le consommateur lambda. Les codes E200 à E299 (conservateurs) et E300 à E399 (antioxydants) figurent sur une multitude d’étiquettes, rendant le tri complexe au quotidien. Si ces additifs jouent un rôle indéniable dans la sécurité sanitaire en évitant les intoxications alimentaires bactériennes, la balance bénéfice-risque semble aujourd’hui pencher défavorablement en cas de consommation chronique et cumulée.
Vers une évolution des recommandations de soins ?
Face à ces résultats, les autorités de santé pourraient être amenées à réviser les doses journalières admissibles ou à encourager une reformulation des produits industriels. En attendant une éventuelle évolution réglementaire, la prudence est de mise. Mathilde Touvier rappelle l’importance des recommandations actuelles du Programme National Nutrition Santé (PNNS).
Pour préserver son bien-être et limiter les risques, le conseil principal reste de privilégier les aliments frais, bruts ou peu transformés, et de cuisiner maison autant que possible. Cette approche permet de réduire drastiquement l’exposition aux additifs « superflus ». La lecture attentive des étiquettes, bien que fastidieuse, devient un outil de soins préventifs indispensable pour le consommateur soucieux de sa santé.
Conclusion

Ces deux études marquent un tournant dans la compréhension de l’impact de l’alimentation ultra-transformée sur notre organisme. En établissant un lien statistique fort entre conservateurs, diabète et cancer, la recherche française envoie un signal d’alerte clair aux industriels et aux pouvoirs publics. Si la démonstration d’un lien de cause à effet direct nécessite encore des travaux expérimentaux complémentaires, le principe de précaution incite dès aujourd’hui à la modération. Dans une société où la médecine curative progresse, la réduction de l’exposition aux additifs chimiques s’impose plus que jamais comme un pilier central de la prévention santé.
Questions fréquemment posées

Les études récentes mettent spécifiquement en cause le nitrite de sodium E250 présent dans la charcuterie, le sorbate de potassium E202 et le métabisulfite de potassium E224. Ces substances, ainsi que l’acide acétique et le propionate de calcium, sont liées à une augmentation significative des risques de maladies chroniques. Il est recommandé de surveiller attentivement les codes E200 à E299 sur les emballages.
Une consommation élevée de certains conservateurs antioxydants et non-antioxydants augmenterait le risque de diabète de type 2 de près de 50 pour cent. Les scientifiques suggèrent que ces molécules pourraient perturber le métabolisme glucidique ou déséquilibrer la flore intestinale. Les gros consommateurs de produits industriels contenant ces additifs sont donc bien plus exposés que ceux privilégiant une alimentation brute.
Les recherches publiées dans le British Medical Journal ont révélé des associations inquiétantes. Une consommation importante de nitrites est associée à une hausse de 32 pour cent du risque de cancer de la prostate. Par ailleurs, les érythorbates et certains sulfites semblent corrélés à une incidence plus élevée de cancer du sein, potentiellement en créant un terrain inflammatoire chronique.
La stratégie de prévention la plus efficace consiste à privilégier les aliments frais, bruts et peu transformés, et à cuisiner maison autant que possible. Il est conseillé de limiter les produits ultra-transformés et de vérifier la liste des ingrédients pour éviter les séries E200 et E300. Cette approche permet de diminuer l’effet cocktail de ces substances chimiques.
Ces travaux sont considérés comme majeurs car ils s’appuient sur la cohorte NutriNet-Santé, qui suit les comportements de plus de 100 000 Français depuis 2009. Coordonnées par des organismes publics reconnus comme l’Inserm et l’Inrae, ces études ont été validées par des comités de lecture prestigieux avant leur publication dans The BMJ et Nature Communications.
Sources et Approfondissements
- Site officiel de l’étude de cohorte NutriNet-Santé
- Site de l’Équipe de Recherche en Épidémiologie Nutritionnelle (EREN)
- Dossier de l’ANSES sur l’évaluation des additifs alimentaires
- Avis de l’ANSES sur l’exposition aux nitrites et le risque de cancer
- Dossier de l’Inserm sur les liens entre nutrition et pathologies

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