Drones militaires : Renault et Turgis & Gaillard visent la production de masse

Renault s'allie à Turgis & Gaillard pour produire le drone militaire Chorus. Un tournant industriel majeur vers l'économie de guerre avec un contrat potentiel d'un milliard d'euros.

Publié le 21 Jan 2026
Mis à jour le 21 Jan 2026
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En Bref (TL;DR)

Renault s’allie à Turgis & Gaillard pour produire massivement des drones militaires en adaptant ses lignes d’assemblage automobiles.

Le projet Chorus vise la fabrication rapide de munitions téléopérées à bas coût pour répondre aux exigences de l’économie de guerre.

Ce partenariat stratégique pourrait générer un milliard d’euros et combler le retard capacitaire de la France en matière de défense.

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C’est une révolution industrielle qui marque un tournant décisif dans l’histoire récente de l’industrie française. Le constructeur automobile Renault Group a confirmé, ce lundi, son entrée officielle dans le secteur de la défense via un partenariat stratégique avec la PME Turgis & Gaillard. L’objectif est clair et ambitieux : produire en masse des drones militaires pour l’armée française. Ce projet, baptisé « Chorus », répond à une demande pressante de l’État pour combler le retard capacitaire de la France dans le domaine des munitions téléopérées.

Cette alliance inédite entre un géant du CAC 40 et une entreprise de taille intermédiaire (ETI) du secteur de la défense illustre parfaitement le concept d’« économie de guerre » prôné par le gouvernement. Alors que les conflits modernes, notamment en Ukraine, ont démontré l’importance cruciale du volume et de la rapidité de production, Renault met sa puissance de frappe industrielle au service de la souveraineté nationale. Selon L’Usine Nouvelle, qui a révélé l’information, ce partenariat pourrait déboucher sur un contrat cadre d’une valeur potentielle d’un milliard d’euros sur dix ans.

Drone militaire du projet Chorus par Renault et Turgis & Gaillard
Renault et Turgis & Gaillard s’allient pour la production de masse de drones militaires français.

Un modèle industriel inspiré de l’automobile

Le cœur de ce projet réside dans l’application des méthodes de l’industrie automobile à l’armement. Le drone « Chorus » est conçu pour être une munition téléopérée à longue portée, souvent qualifiée de « drone kamikaze », à bas coût et facile à assembler. Selon les informations rapportées par Le Figaro, Renault mobilisera deux de ses sites historiques pour cette production : l’usine du Mans (Sarthe), experte dans les châssis, fabriquera la structure des drones, tandis que le site de Cléon (Seine-Maritime) fournira les moteurs.

L’apport de Renault est technique mais surtout méthodologique. Le groupe au losange va utiliser ses standards de fabrication pour réduire drastiquement les coûts et accélérer les cadences. Là où l’industrie de défense traditionnelle produit souvent de manière artisanale ou en petites séries, Renault vise une cadence industrielle de 600 unités par mois. Turgis & Gaillard conservera la maîtrise d’œuvre du système, l’intégration des charges militaires et les systèmes de guidage, assurant ainsi la conformité aux exigences opérationnelles de la Direction générale de l’armement (DGA).

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Investissements et impact sur le marché

Drones militaires : Renault et Turgis & Gaillard visent la production de masse - Infographie résumant
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Sur le plan de la finance et des investissements, cette diversification est un signal fort envoyé au marché. Bien que Renault précise que cette activité ne doit pas « affecter sa capacité d’investissement dans son cœur de métier », elle ouvre une nouvelle source de revenus récurrents potentiellement lucrative. Le contrat initial notifié par la DGA s’élève à 35 millions d’euros, mais la perspective du milliard d’euros à long terme attire l’attention des analystes en bourse.

Dans un contexte où l’inflation des coûts des matières premières pèse sur l’industrie, la capacité de Renault à optimiser la chaîne d’approvisionnement est un atout majeur. Le coût unitaire du drone Chorus devrait être nettement inférieur aux standards habituels du secteur, rendant l’équipement « consommable » sur le champ de bataille, une caractéristique essentielle pour ce type de munition. C’est une réponse directe aux drones de type Shahed, dont l’efficacité repose sur le rapport coût/efficacité.

Une réponse aux besoins de l’économie de guerre

Drones militaires : Renault et Turgis & Gaillard visent la production de masse
Renault s’allie à Turgis & Gaillard pour produire le drone militaire Chorus. Un tournant industriel majeur vers l’économie de guerre avec un contrat potentiel d’un milliard d’euros.

Ce rapprochement a été activement sollicité par le ministère des Armées. Emmanuel Chiva, le Délégué général pour l’armement, avait déjà évoqué la nécessité de « solliciter le secteur manufacturier civil » pour produire vite et en masse. Selon Lignes de défense, ce projet concrétise la volonté de l’État de disposer d’une filière souveraine capable de livrer des milliers de munitions en quelques mois en cas de conflit de haute intensité.

Pour Renault, il s’agit d’un retour aux sources historique, l’entreprise ayant déjà contribué à l’effort de guerre par le passé, notamment avec le char FT17. Cependant, la direction insiste sur le caractère dual de cette activité : les lignes de production seront adaptées pour être flexibles, sans perturber la fabrication des véhicules civils. C’est une démonstration de résilience économique, prouvant que le tissu industriel français peut s’adapter rapidement aux nouvelles réalités géopolitiques.

Conclusion

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L’entrée de Renault dans la production de drones militaires marque une étape symbolique et pratique majeure pour l’économie française. En alliant la robustesse logistique de l’automobile à l’agilité technologique de Turgis & Gaillard, la France tente de rattraper son retard stratégique avec pragmatisme. Si le succès technique et commercial de « Chorus » se confirme, ce modèle de coopération civil-militaire pourrait faire école et redéfinir les stratégies d’approvisionnement des armées européennes.

Questions fréquemment posées

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Quel est l’objectif du partenariat entre Renault et Turgis & Gaillard ?

Ce projet vise la production de masse de drones militaires, spécifiquement des munitions téléopérées baptisées Chorus. En alliant la puissance industrielle automobile de Renault à l’expertise défense de Turgis & Gaillard, l’objectif est de fabriquer ces équipements rapidement et à moindre coût pour répondre aux besoins urgents de l’armée française dans un contexte d’économie de guerre.

Pourquoi la France fait-elle appel à l’industrie automobile pour fabriquer des drones ?

L’État sollicite le secteur civil pour appliquer les méthodes de production de masse de l’automobile au secteur de l’armement. Cela permet d’accélérer les cadences de fabrication, visant jusqu’à 600 unités par mois, et de réduire drastiquement les coûts unitaires, rendant les drones consommables sur le champ de bataille comme l’exigent les conflits modernes de haute intensité.

Quelles sont les caractéristiques du drone Chorus produit par Renault ?

Le drone Chorus est une munition téléopérée à longue portée, souvent qualifiée de drone kamikaze, conçue pour être facile à assembler et peu coûteuse. Sa structure est fabriquée à l’usine du Mans et son moteur sur le site de Cléon, tandis que Turgis & Gaillard assure l’intégration des systèmes de guidage et des charges militaires pour garantir l’efficacité opérationnelle.

Quel est l’impact économique de ce projet pour le groupe Renault ?

Bien que Renault maintienne la priorité sur son activité automobile, ce contrat offre une diversification stratégique avec un potentiel de revenus récurrents. Le contrat initial est de 35 millions d’euros, mais les analystes estiment qu’un accord cadre pourrait atteindre un milliard d’euros sur dix ans, valorisant ainsi les capacités logistiques et industrielles du groupe en bourse.

En quoi ce projet répond-il au concept d’économie de guerre ?

Ce projet illustre l’économie de guerre par la mobilisation de l’industrie civile pour la souveraineté nationale, permettant de combler rapidement un retard capacitaire. En s’inspirant de modèles efficaces et peu onéreux, la France cherche à disposer d’une filière souveraine capable de livrer des milliers de munitions en quelques mois, garantissant une résilience face aux nouvelles menaces géopolitiques.

Francesco Zinghinì

Ingénieur et entrepreneur numérique, fondateur du projet TuttoSemplice. Sa vision est de briser les barrières entre l’utilisateur et l’information complexe, rendant des sujets comme la finance, la technologie et l’actualité économique enfin compréhensibles et utiles au quotidien.

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