En Bref (TL;DR)
Écrasé par une dette massive et le ralentissement du marché, le géant Saks Global s’est officiellement placé sous la protection du Chapitre 11.
Le groupe sécurise un financement pour maintenir ses activités mais rejette déjà vingt baux immobiliers dans le cadre d’une restructuration brutale.
Face à cette crise économique majeure, Richard Baker démissionne de la présidence, laissant Geoffroy van Raemdonck tenter de sauver l’empire commercial.
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C’est un véritable coup de tonnerre qui vient de frapper l’industrie du luxe américain ce mercredi 14 janvier 2026. Moins de deux ans après la fusion historique entre Saks Fifth Avenue et Neiman Marcus, le nouveau colosse du secteur, Saks Global, a officiellement déposé le bilan. Le groupe s’est placé sous la protection du Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites auprès du tribunal du Texas, écrasé par une dette insoutenable et un marché du luxe en net ralentissement.
Cette annonce, bien que redoutée par les analystes depuis le défaut de paiement d’intérêts de 100 millions de dollars en décembre dernier, marque l’échec d’une stratégie de consolidation ambitieuse. Le groupe, qui avait pour vocation de créer un empire capable de rivaliser avec les plateformes numériques et les boutiques en propre des grandes maisons européennes, se retrouve aujourd’hui contraint à une restructuration drastique pour assurer sa survie.

Une dette colossale et des investissements en péril
La genèse de cette faillite remonte à la fusion de 2024, une opération évaluée à 2,65 milliards de dollars orchestrée par la Hudson’s Bay Company (HBC). Pour finaliser ce rachat, Saks Global avait contracté une dette massive, misant sur des synergies opérationnelles qui ont tardé à se matérialiser. Selon les documents judiciaires consultés, le groupe a toutefois réussi à sécuriser un financement de 1,75 milliard de dollars (financement « Debtor-in-Possession ») pour maintenir ses opérations durant la procédure.
Ce filet de sécurité financier, soutenu par des créanciers clés, doit permettre aux enseignes emblématiques du groupe — Saks Fifth Avenue, Neiman Marcus et Bergdorf Goodman — de garder leurs portes ouvertes et de payer leurs employés. Cependant, l’inquiétude grandit du côté des investisseurs initiaux, parmi lesquels figuraient des géants comme Amazon et Salesforce, dont les investissements dans la nouvelle entité pourraient être fortement dilués, voire perdus.
Rationalisation brutale : 20 baux immobiliers rejetés

L’un des volets les plus immédiats et les plus visibles de cette restructuration concerne l’immobilier. Selon Le Monde et les dépôts judiciaires effectués ce matin, Saks Global a d’ores et déjà notifié le rejet des baux de plus de 20 propriétés. Cette décision cible principalement le Nord-Est des États-Unis, avec une concentration notable de sites situés à proximité de New York.
Cette stratégie de « rejet de bail » est classique dans les procédures de Chapitre 11 : elle permet à l’entreprise de se délester des loyers les plus coûteux ou des magasins les moins rentables sans pénalités excessives. Pour le marché de l’immobilier commercial new-yorkais, déjà fragilisé, c’est un nouveau coup dur qui risque de peser sur la valorisation des actifs dans les quartiers commerçants.
Inflation et mutation du marché du luxe

Au-delà de la gestion interne, c’est la conjoncture économique globale qui a précipité la chute de Saks Global. L’année 2025 a été marquée par une inflation persistante qui a érodé le pouvoir d’achat de la clientèle « aspirationnelle » (les acheteurs occasionnels de luxe), un segment vital pour les grands magasins américains. Parallèlement, les taux d’intérêt élevés ont alourdi la charge de la dette, rendant le refinancement quasi impossible.
Les experts de la finance pointent également un changement structurel : les grandes marques de luxe préfèrent de plus en plus vendre directement au consommateur (DTC), contournant les intermédiaires comme Saks ou Neiman Marcus. Cette perte d’exclusivité sur certaines collections a directement impacté les marges du groupe.
Remaniement à la tête du groupe
La crise a également provoqué un séisme au sein de la gouvernance. Richard Baker, l’architecte de la fusion et figure centrale de HBC, a démissionné de ses fonctions de président exécutif. Il est remplacé au poste de PDG par Geoffroy van Raemdonck, l’ancien patron de Neiman Marcus. Ce changement de leadership est perçu par la bourse et les observateurs comme une tentative de rassurer les créanciers en plaçant un opérationnel pur à la barre, plutôt qu’un financier immobilier.
Conclusion

La faillite de Saks Global le 14 janvier 2026 restera comme l’un des échecs les plus retentissants de la distribution moderne. Elle illustre les dangers des fusions par effet de levier (LBO) dans un environnement de taux élevés. Si les magasins restent ouverts pour l’instant, l’avenir de ces temples de la consommation est incertain. La procédure qui s’ouvre aujourd’hui déterminera si Saks et Neiman Marcus peuvent renaître sous une forme plus agile, ou si le modèle du grand magasin de luxe américain a définitivement vécu ses heures de gloire.
Questions fréquemment posées

La faillite découle principalement d’une dette insoutenable contractée lors de la fusion avec Neiman Marcus et d’un contexte économique difficile. L’inflation a pesé sur les dépenses des consommateurs tandis que les taux d’intérêt élevés ont rendu le remboursement impossible. Par ailleurs, la concurrence des marques vendant en direct a érodé les marges du distributeur.
Non, la majorité des magasins resteront ouverts grâce à un financement d’urgence de 1,75 milliard de dollars obtenu pour maintenir l’activité. Toutefois, le groupe a notifié le rejet d’une vingtaine de baux immobiliers, ce qui entraînera des fermetures ciblées, notamment dans le nord-est des États-Unis.
Cette procédure juridique américaine permet à l’entreprise de se restructurer sous la protection du tribunal sans cesser ses opérations. Elle offre au groupe la possibilité de renégocier sa dette et de se séparer des actifs non rentables, comme certains baux coûteux, afin de tenter un redressement plutôt qu’une liquidation totale.
Les investisseurs initiaux, dont Amazon et Salesforce, risquent de voir leurs participations fortement diluées ou totalement perdues. La valeur de la nouvelle entité s’est effondrée face aux difficultés opérationnelles, transformant cet investissement stratégique en une perte financière potentielle majeure pour ces partenaires technologiques.
Richard Baker a démissionné de son poste de président exécutif suite à cette crise. Il est remplacé par Geoffroy van Raemdonck, ancien dirigeant de Neiman Marcus. Ce changement vise à placer un profil opérationnel aux commandes pour rassurer les créanciers et piloter la restructuration complexe du géant du luxe.
Sources et Approfondissements
- Explication officielle de la procédure de faillite (Chapitre 11) par les tribunaux fédéraux américains
- Détails encyclopédiques sur l’histoire et la structure de Saks Fifth Avenue
- Site officiel du tribunal des faillites du district sud du Texas (Juridiction citée)
- Présentation et historique du groupe Neiman Marcus

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