En Bref (TL;DR)
L’enseignant tuteur apparaît comme une figure stratégique pour prévenir le décrochage scolaire, offrant un soutien ciblé pour accompagner les élèves dans leur parcours de formation.
Un rôle clé pour soutenir les élèves en difficulté et prévenir l’abandon des études, en personnalisant le parcours de formation.
Cette approche personnalisée vise à soutenir les élèves les plus vulnérables, en leur offrant un point de référence constant et un parcours de formation sur mesure pour prévenir l’échec et le décrochage.
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Le décrochage scolaire en Italie représente une plaie ouverte dans le tissu social et éducatif. Bien que les données récentes montrent une timide amélioration, avec un taux d’abandon qui s’établit à 9,8 % en 2024, le problème reste urgent et complexe. Chaque année, environ 100 000 élèves quittent les bancs de l’école avant d’obtenir leur diplôme, un chiffre qui souligne la nécessité d’interventions ciblées et innovantes. Dans ce scénario, une nouvelle figure stratégique émerge avec force : l’enseignant tuteur. Introduit dans le cadre des réformes prévues par le Plan National de Relance et de Résilience (PNRR), ce professionnel a pour mission de guider les élèves, de personnaliser leur parcours de formation et de devenir un point de référence fondamental pour prévenir l’abandon.
Lutter contre le décrochage ne signifie pas seulement regarder les chiffres, mais comprendre les histoires de fragilité, de démotivation et de difficultés qui se cachent derrière chaque cas individuel. Les causes sont multiples et souvent interconnectées : des facteurs socio-économiques à une approche pédagogique pas toujours inclusive. L’enseignant tuteur s’insère dans ce contexte comme un agent de changement, un pont entre l’élève, la famille et l’établissement scolaire, avec pour objectif de transformer l’école en un lieu de croissance et d’opportunités pour tous, sans exception. Cette figure représente une synthèse entre tradition et innovation, valorisant la relation humaine typique de la culture méditerranéenne et l’intégrant avec des outils modernes d’orientation et de personnalisation.

Le visage du décrochage scolaire en Italie et en Europe
Pour comprendre l’urgence du phénomène, il est essentiel d’analyser les données. En 2024, l’Italie a enregistré un taux de décrochage scolaire de 9,8 % chez les jeunes de 18 à 24 ans, se rapprochant de l’objectif européen de 9 % fixé pour 2030. Cependant, cette donnée nationale cache de profondes disparités territoriales. Le Mezzogiorno continue d’être la zone la plus touchée, avec une moyenne atteignant 12,4 %. Des régions comme la Sicile (15,2 %) et la Sardaigne (14,5 %) présentent les situations les plus critiques, bien au-dessus de la moyenne nationale. Un autre aspect préoccupant est l’écart entre les genres : les garçons abandonnent leurs études à une fréquence presque double par rapport aux filles (12,2 % contre 7,1 %), une donnée qui reflète des dynamiques culturelles et sociales complexes.
En comparaison avec le reste de l’Europe, l’Italie présente un tableau en demi-teinte. Si d’un côté on enregistre une amélioration, notre pays reste encore en retard par rapport à de nombreux partenaires européens, se positionnant parmi ceux avec les taux d’abandon les plus élevés. Des nations comme la Roumanie, l’Espagne et l’Allemagne enregistrent des taux supérieurs ou similaires, soulignant que le décrochage est un défi commun au niveau continental. Ce contexte européen souligne l’importance d’investir dans des politiques éducatives efficaces, comme celles prévues par le PNRR, qui visent à renforcer le système scolaire et à fournir des outils concrets pour lutter contre l’échec scolaire.
Les racines du problème : de la pédagogie traditionnelle au décrochage implicite
Le décrochage scolaire n’est pas seulement l’acte physique de quitter l’école. Il existe un phénomène plus subtil et tout aussi dommageable : le décrochage implicite. Il s’agit d’élèves qui, bien que présents en cours, n’acquièrent pas les compétences de base nécessaires. Selon les données OCDE-PISA, environ 23 % des élèves de quinze ans en Italie montrent des lacunes significatives en lecture et en mathématiques, un signe de fragilité qui prélude souvent à l’abandon pur et simple. Ce problème est étroitement lié à un modèle pédagogique qui, dans de nombreuses écoles, reste ancré au cours magistral et à la mémorisation, peinant à s’adapter aux besoins individuels des élèves.
Des experts du secteur, comme la professeure Maria Cinque, soulignent la nécessité d’investir dans des méthodologies pédagogiques plus actives et basées sur des ateliers, qui rendent l’apprentissage une expérience pratique et engageante. La rigidité d’un système qui peine à équilibrer tradition et innovation peut générer de la démotivation et un sentiment d’inadéquation chez les élèves les plus fragiles. Le défi n’est donc pas seulement de retenir les élèves en classe, mais de leur offrir une éducation de qualité, qui sache valoriser les talents de chacun et fournir les outils pour affronter l’avenir. En cela, le rôle de l’enseignant tuteur comme guide pour sauver l’avenir d’un élève devient crucial.
L’enseignant tuteur : une figure clé du PNRR
Pour répondre à ces défis, le Ministère de l’Éducation et du Mérite, à travers les Lignes directrices pour l’orientation (DM 328/2022), a introduit les figures de l’enseignant tuteur et de l’enseignant référent à l’orientation. Cette réforme, financée à hauteur de 150 millions d’euros par le PNRR pour la seule année 2023, a pour objectif de créer un système de soutien personnalisé pour les élèves, en particulier ceux des lycées. L’enseignant tuteur n’est pas un simple professeur, mais un professionnel formé pour accompagner de petits groupes d’élèves dans leur parcours, les aidant à reconnaître leurs potentialités et à surmonter les difficultés.
Les tâches du tuteur sont multiples et stratégiques. En premier lieu, il doit favoriser la personnalisation de l’apprentissage, en dialoguant constamment avec les élèves pour tracer un profil de leurs aptitudes et inclinations. Ce processus est fondamental pour valoriser les talents et intervenir rapidement en cas de démotivation ou de difficulté. De plus, le tuteur sert de lien avec les familles et collabore étroitement avec l’enseignant référent à l’orientation pour créer un pont entre les aspirations de l’élève, l’offre de formation et les exigences du monde du travail. Il s’agit d’une approche intégrée qui vise à rendre l’élève acteur conscient de ses propres choix.
Les outils du tuteur : l’E-Portfolio et le « Chef-d’œuvre » de l’élève
Pour rendre son intervention concrète et efficace, l’enseignant tuteur s’appuie sur des outils innovants. L’un des principaux est l’E-Portfolio, un document numérique qui accompagne l’élève tout au long de son parcours scolaire. Cet outil n’est pas un simple curriculum, mais un véritable journal de bord où sont documentées les expériences de formation, les compétences acquises et les réflexions personnelles de l’élève. L’E-Portfolio permet de suivre un développement personnalisé, en incluant des activités comme les Parcours pour les Compétences Transversales et l’Orientation (PCTO) et d’autres projets significatifs.
À l’intérieur de l’E-Portfolio, un élément de grande valeur symbolique et formative est le « chef-d’œuvre ». Chaque année, l’élève est invité à choisir un produit ou un projet qu’il juge particulièrement représentatif de son parcours et des compétences développées. Ce choix, guidé par le tuteur, stimule l’auto-évaluation et la conscience critique. Le « chef-d’œuvre » devient une métaphore du potentiel de l’élève, une œuvre qui témoigne de sa croissance et de ses talents. À travers ces outils, le tuteur ne se contente pas de suivre, mais promeut activement un processus de découverte et de valorisation personnelle, fondamental pour construire la confiance en soi et prévenir l’abandon.
Tradition et Innovation : la voie méditerranéenne de la pédagogie
L’introduction de l’enseignant tuteur s’inscrit dans un débat plus large concernant l’équilibre entre tradition et innovation dans le système scolaire italien. La culture méditerranéenne, dont notre école tire ses origines, a toujours placé au centre la relation humaine et le dialogue formatif, des concepts qui rappellent l’ancienne figure du « didàskalos » grec, un formateur à 360 degrés. Cette tradition, basée sur la proximité et l’accompagnement personnel, trouve aujourd’hui une nouvelle expression dans la figure du tuteur. Il récupère la dimension relationnelle de l’enseignement, souvent sacrifiée dans des contextes de classes nombreuses et de programmes rigides.
Cependant, l’enseignant tuteur représente aussi une forte poussée vers l’innovation. L’utilisation d’outils numériques comme l’E-Portfolio et l’adoption de méthodologies pédagogiques personnalisées marquent un pas en avant par rapport à l’approche traditionnelle. Il s’agit d’une « pédagogie additive », qui ne renie pas le passé mais l’intègre avec de nouvelles stratégies pour répondre aux défis du présent. En ce sens, l’école italienne peut valoriser son identité « méditerranéenne », qui promeut des compétences non seulement cognitives mais aussi personnelles et sociales, comme la convivialité et la capacité relationnelle. Le tuteur devient l’interprète de ce modèle, capable d’unir la sagesse de la tradition à l’efficacité de l’innovation, créant un environnement d’apprentissage plus inclusif et motivant pour tous les élèves. Une gestion efficace de la classe, dans ce nouveau contexte, est essentielle, comme exploré dans le guide sur la gestion efficace du groupe classe par l’enseignant tuteur.
Conclusions

La figure de l’enseignant tuteur émerge comme l’une des réponses les plus prometteuses et structurées au fléau du décrochage scolaire en Italie. Dans un contexte qui, bien que montrant des signes d’amélioration, reste critique surtout dans certaines régions du pays, ce nouveau rôle professionnel représente un pari sur l’avenir de nos élèves. L’approche n’est pas seulement corrective, mais profondément préventive : en agissant sur la personnalisation des parcours, sur la valorisation des talents et sur le dialogue constant avec les élèves et les familles, le tuteur intervient aux racines du mal-être qui mène à l’abandon.
L’intégration de cette figure dans le système scolaire, soutenue par les fonds du PNRR, marque un changement de paradigme. On passe d’un modèle uniforme à un modèle flexible, qui reconnaît l’unicité de chaque élève. L’équilibre entre la tradition relationnelle de la culture méditerranéenne et l’innovation des outils numériques offre une voie pour rendre l’école un lieu plus équitable, inclusif et stimulant. La lutte contre le décrochage scolaire est un marathon, pas un sprint, mais l’introduction de l’enseignant tuteur a tracé un chemin clair et concret. L’efficacité de cette révolution douce dépendra de la formation, du soutien et de la collaboration de tout le système scolaire, avec l’objectif commun de ne laisser personne de côté.
Questions fréquentes
Qui est l’enseignant tuteur et quel est son rôle principal ?
L’enseignant tuteur est une nouvelle figure professionnelle introduite dans les écoles secondaires italiennes, prévue par la réforme de l’orientation liée au PNRR. Son rôle principal est de soutenir de petits groupes d’élèves de manière personnalisée pour prévenir le décrochage scolaire et favoriser la réussite éducative. Ce professionnel aide chaque élève à reconnaître ses potentialités, à développer un projet de vie personnel et professionnel, et à surmonter d’éventuelles difficultés d’apprentissage ou de motivation à travers un dialogue constant. Il agit comme point de référence pour l’élève et comme connecteur entre l’école, la famille et l’enseignant référent à l’orientation.
Quels outils l’enseignant tuteur utilise-t-il pour aider les élèves ?
L’enseignant tuteur utilise principalement deux outils innovants : l’E-Portfolio et le « chef-d’œuvre » de l’élève. L’E-Portfolio est un outil numérique où l’élève, avec l’aide du tuteur, documente son parcours d’études, les compétences acquises (y compris dans des activités extrascolaires comme les PCTO) et ses propres réflexions. Le « chef-d’œuvre » est un projet ou un produit que l’élève choisit chaque année comme étant représentatif de ses capacités et de ses intérêts, un exercice qui stimule l’auto-évaluation et la prise de conscience. Ces outils servent à tracer un parcours de croissance personnalisé et à rendre l’élève acteur de son propre apprentissage.
En quoi l’enseignant tuteur se différencie-t-il d’un enseignant normal ?
Contrairement à un enseignant disciplinaire, dont la tâche principale est la transmission de connaissances dans sa matière, l’enseignant tuteur a une fonction principalement de guide et de soutien personnalisé. Tandis que l’enseignant travaille avec la classe entière, le tuteur se consacre à un petit groupe d’élèves (généralement entre 30 et 50), permettant une relation plus directe et individuelle. Son attention ne se porte pas tant sur les résultats dans une seule matière, mais sur le développement intégral de l’élève, sur sa motivation et sur ses choix futurs. Il collabore avec le conseil de classe mais a un rôle spécifique orienté vers la lutte contre le décrochage et la valorisation des talents individuels.
Quel est le lien entre l’enseignant tuteur et le Plan National de Relance et de Résilience (PNRR) ?
L’institution de l’enseignant tuteur est l’une des réformes clés prévues par le Plan National de Relance et de Résilience (PNRR) pour le secteur de l’éducation. Le PNRR a alloué des fonds importants, comme les 150 millions d’euros pour 2023, pour financer la formation et l’activité d’environ 40 000 enseignants tuteurs et référents à l’orientation. L’objectif du PNRR est de réduire les écarts territoriaux, sociaux et de genre dans le système éducatif italien et de baisser le taux de décrochage scolaire, en l’alignant sur les standards européens. L’enseignant tuteur est donc un outil stratégique pour atteindre ces objectifs, en modernisant le système scolaire et en le rendant plus inclusif.
Comment devient-on enseignant tuteur ?
Pour devenir enseignant tuteur, un enseignant titulaire avec au moins cinq ans de service doit manifester sa disponibilité. La sélection a lieu au sein de chaque établissement scolaire, sur la base de critères définis par le conseil des enseignants, qui privilégient généralement des expériences antérieures dans des domaines comme l’orientation, la lutte contre le décrochage ou la gestion de projets PCTO. Les enseignants sélectionnés doivent ensuite suivre un parcours de formation spécifique de 20 heures, dispensé par INDIRE via la plateforme « Scuola Futura », visant à fournir les compétences nécessaires pour accomplir au mieux cette nouvelle et délicate mission.
Questions fréquentes
L’enseignant tuteur est un professeur, avec une formation spécifique, qui a pour mission de soutenir les élèves dans leur parcours de croissance personnelle et éducative. Son objectif principal est d’aider chaque élève à prendre conscience de ses potentialités, à valoriser ses talents et à surmonter ses difficultés. Concrètement, il aide les élèves à créer un e-portfolio personnel, les assiste dans leurs choix de parcours d’études et sert de point de référence et de médiateur entre les enseignants et les familles pour lutter contre le décrochage scolaire.
L’enseignant tuteur intervient directement pour prévenir le décrochage scolaire grâce à la personnalisation de l’apprentissage. En analysant les aptitudes et les difficultés de chaque élève, il peut proposer des stratégies pédagogiques sur mesure. Il offre un soutien émotionnel et sert de guide, aidant les jeunes à gérer le stress et les difficultés qui pourraient affecter leurs résultats. En travaillant en synergie avec l’enseignant référent à l’orientation et la famille, il construit un parcours qui valorise les capacités de l’élève, rendant l’expérience scolaire plus positive et motivante, un facteur clé pour réduire le risque de décrochage.
Bien que ces deux figures collaborent pour la réussite de l’élève, elles ont des rôles distincts. L’*enseignant tuteur* se concentre sur la personnalisation de l’apprentissage et sur le développement personnel de l’élève, l’aidant à découvrir ses talents et à surmonter ses difficultés. L’*enseignant référent à l’orientation*, quant à lui, a une mission plus spécifique : il collecte et analyse des données sur le monde du travail et sur les parcours de formation disponibles sur le territoire. En pratique, le tuteur aide l’élève à comprendre ‘qui il est’ et ‘ce qu’il sait faire’, tandis que le référent à l’orientation lui montre ‘où il peut aller’ avec ces capacités, facilitant des choix éclairés pour l’avenir.
Oui, l’enseignant tuteur, ainsi que l’enseignant référent à l’orientation, est une figure professionnelle introduite officiellement dans les écoles secondaires italiennes à partir de l’année scolaire 2023/2024. Leur institution a été établie par le Décret Ministériel n° 328 du 22 décembre 2022 et s’inscrit dans une réforme plus large liée aux fonds du PNRR (Plan National de Relance et de Résilience) pour l’orientation. L’objectif de cette innovation est de renforcer le système scolaire dans la lutte contre le décrochage et dans la fourniture d’un soutien plus structuré et personnalisé aux élèves.
La rémunération d’un enseignant tuteur n’est pas fixe, mais varie en fonction des ressources allouées annuellement. Pour l’année scolaire 2024/2025, la rétribution pour la fonction de tuteur est comprise entre une valeur minimale de 1 589,68 euros et un maximum de 2 725,16 euros bruts pour l’État. À ce montant peut s’ajouter une part variable, liée à la réalisation d’heures de tutorat supplémentaires financées par des fonds spécifiques, comme les projets POC (Programme Opérationnel Complémentaire). Ce système de rémunération est lié à la fonction exercée et non simplement au nombre d’heures travaillées.

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