Entrer dans le monde du trading d’options peut sembler une étape complexe, réservée uniquement aux ingénieurs financiers ou aux mathématiciens. En réalité, ces outils, s’ils sont bien compris, offrent une flexibilité que le simple achat d’actions ne peut procurer. Les options ne sont rien d’autre que des contrats qui permettent de gérer le risque et de saisir des opportunités de manières nouvelles, un peu comme si l’on disposait d’une boîte à outils plus complète. Dans ce guide, rédigé par Francesco Zinghinì, un ingénieur doté d’une solide expérience en trading et en modèles mathématiques, nous explorerons les bases des options Call et Put, les rendant accessibles à quiconque souhaite faire évoluer ses stratégies d’investissement.
Notre objectif est de dévoiler la logique qui se cache derrière ces instruments, souvent perçus comme ardus. Nous commencerons par les bases, en expliquant ce que sont les options et comment elles fonctionnent, avant de passer à des stratégies pratiques. L’approche sera directe et concrète, conçue pour un public curieux, qui aime s’informer en ligne et souhaite appliquer de nouvelles connaissances à la gestion de sa vie financière. Tradition et innovation se rejoignent : la prudence, typique de la culture méditerranéenne, s’associe à des outils financiers modernes pour un contrôle plus conscient de ses propres investissements.
Que sont les options financières ? Une introduction
Les options sont des contrats financiers qui donnent à l’acheteur le droit, mais non l’obligation, d’acheter ou de vendre un actif sous-jacent à un prix prédéfini avant une date spécifique. L’actif sous-jacent peut être une action, un indice boursier comme le FTSE MIB, une matière première ou une devise. Pour obtenir ce droit, l’acheteur paie une somme d’argent appelée prime. Imaginez que vous souhaitiez acheter une maison, mais que vous n’êtes pas encore sûr. Vous pourriez payer au vendeur une petite somme pour « bloquer » le prix pendant un mois. Si vous décidez de ne pas acheter, vous ne perdez que l’acompte (la prime), et non le montant total de la maison. Les options fonctionnent de manière similaire, offrant un contrôle sur un actif avec une mise de fonds initiale limitée.
Les options sont des instruments dérivés : leur valeur dépend, ou « dérive », de la valeur d’un autre instrument financier, appelé le sous-jacent.
Chaque contrat d’option possède deux éléments clés : le prix d’exercice (strike), c’est-à-dire le prix auquel vous pouvez acheter ou vendre le sous-jacent, et la date d’échéance, au-delà de laquelle le contrat n’est plus valide. Celui qui achète l’option a le contrôle et peut choisir d’exercer son droit, tandis que celui qui la vend est obligé de satisfaire la demande de l’acheteur, encaissant en échange la prime. Cette asymétrie entre droits et devoirs est au cœur du fonctionnement des options.
Options Call : Le droit d’acheter
Une option Call confère à son détenteur le droit d’acheter un actif sous-jacent à un prix d’exercice prédéterminé, avant la date d’échéance. On achète un Call lorsque l’on anticipe une hausse du prix du sous-jacent. Si la prévision est correcte et que le prix du marché dépasse le prix d’exercice, l’investisseur peut exercer l’option, en achetant l’actif à un prix inférieur au prix actuel, ou revendre l’option elle-même, qui aura entre-temps pris de la valeur. La perte maximale pour l’acheteur est toujours limitée à la prime payée.
Prenons un exemple pratique. Supposons que les actions de la société Alpha soient cotées à 50 €. Un investisseur optimiste achète une option Call avec un strike à 55 € et une échéance d’un mois, en payant une prime de 2 € par action. Si, à l’échéance, le prix des actions Alpha monte à 60 €, l’investisseur peut exercer son droit de les acheter à 55 €, réalisant ainsi un profit de 3 € par action (60 € – 55 € – 2 € de prime). Si, au contraire, le prix reste en dessous de 55 €, l’option expire sans valeur et la perte se limite aux 2 € de la prime.
Options Put : Le droit de vendre
Une option Put, à l’inverse du Call, confère à son détenteur le droit de vendre un actif sous-jacent à un prix d’exercice défini, avant la date d’échéance. On achète un Put lorsque l’on s’attend à une baisse du prix du sous-jacent. Si le marché évolue comme prévu et que le prix de l’actif passe en dessous du strike, l’investisseur peut en tirer profit. Il peut en effet vendre le sous-jacent au prix d’exercice (plus élevé que celui du marché) ou, plus communément, revendre l’option Put qui aura pris de la valeur. Dans ce cas également, le risque pour l’acheteur est limité au coût de la prime.
Voyons un exemple. Un investisseur possède des actions de la société Beta, cotées à 100 €, mais craint une baisse imminente. Il décide donc d’acheter une option Put avec un strike à 95 € et une échéance de deux mois, en payant une prime de 3 € par action. Si le prix des actions chute à 85 €, l’option Put lui donne le droit de les vendre à 95 €, limitant ainsi sa perte. Son profit sur cette stratégie sera de 7 € par action (95 € – 85 € – 3 € de prime). Si, en revanche, le prix des actions Beta monte ou reste au-dessus de 95 €, l’option expire et sa seule perte sera la prime de 3 € payée pour cette « assurance ».
Le rôle clé de la volatilité
La volatilité mesure l’amplitude et la vitesse des variations de prix d’un actif financier. Dans le monde des options, c’est l’un des facteurs les plus importants qui en déterminent le prix (la prime). Une volatilité plus élevée implique une plus grande probabilité que le prix du sous-jacent subisse de fortes oscillations, tant à la hausse qu’à la baisse. Cela augmente la possibilité que l’option devienne rentable (in-the-money) avant l’échéance. Par conséquent, les options sur des actifs très volatils coûtent plus cher, car elles offrent un potentiel de gain supérieur.
Toutes choses égales par ailleurs, comme le prix d’exercice et le prix du sous-jacent, plus la volatilité est élevée, plus le prix de l’option est élevé.
Il existe deux principaux types de volatilité : la volatilité historique, qui mesure les variations de prix passées, et la volatilité implicite, qui représente les attentes du marché concernant les variations futures. C’est cette dernière qui influence directement la prime des options. Lorsque vous achetez une option, vous ne pariez pas seulement sur la direction du prix, mais aussi sur sa volatilité. Comprendre ce concept est fondamental, car des stratégies avancées reposent précisément sur le trading de la volatilité elle-même. Pour approfondir, vous pouvez consulter notre guide sur la volatilité et l’indice VIX.
Stratégies de base avec les options
Les options offrent une large gamme de stratégies, des plus simples aux plus complexes. Pour ceux qui débutent, il est essentiel de maîtriser quelques approches de base qui constituent les fondements du trading d’options. Ces stratégies permettent non seulement de spéculer sur les mouvements du marché, mais aussi de générer des revenus et de protéger son portefeuille. Analysons deux des stratégies les plus répandues et intuitives : le Covered Call (option d’achat couverte) et le Protective Put (option de vente de protection), idéales pour ceux qui font leurs premiers pas dans ce monde.
Covered Call : Générer un revenu à partir des actions détenues
Le Covered Call (ou option d’achat couverte) est l’une des stratégies les plus populaires pour générer un revenu supplémentaire à partir des actions que l’on possède déjà en portefeuille. Elle consiste à vendre (ou « écrire ») une option Call sur un titre que l’on détient. En échange de la vente, on encaisse immédiatement une prime. Cette stratégie est idéale dans un marché stable, latéral ou légèrement haussier. L’investisseur est prêt à vendre ses actions à un prix prédéterminé (le prix d’exercice) en échange d’un flux de trésorerie certain. L’adjectif « couverte » (covered) indique que le risque de la vente du Call est couvert par la détention des actions sous-jacentes.
Exemple pratique : vous possédez 100 actions de la société Gamma, achetées à 45 € chacune. Vous pensez que le prix ne montera pas beaucoup à court terme. Vous décidez de vendre un Call avec un strike à 50 € et une échéance d’un mois, encaissant une prime de 1,50 € par action (150 € au total). Si à l’échéance le prix est inférieur à 50 €, l’option n’est pas exercée, vous conservez vos actions et la prime de 150 €. Si le prix dépasse 50 €, vous devrez vendre vos actions à ce prix, réalisant tout de même un profit à la fois sur la vente des actions et sur la prime encaissée. Cette stratégie, comparable à la location d’un bien immobilier, transforme un actif statique en une source de revenus.
Protective Put : Assurer son portefeuille
Le Protective Put (ou option de vente de protection) est une stratégie de couverture (hedging) qui fonctionne comme une véritable police d’assurance pour vos actions. Elle consiste à acheter une option Put sur un titre que l’on possède en portefeuille. De cette manière, on se protège d’une baisse potentielle du prix. Si la valeur de l’action chute en dessous du prix d’exercice du Put, l’option prend de la valeur, compensant en partie ou en totalité la perte subie sur le titre. Le coût de cette « assurance » est la prime payée pour l’achat du Put.
Imaginez que vous possédez 100 actions de la société Delta, cotées à 120 €. Vous êtes préoccupé par l’incertitude du marché et souhaitez vous protéger. Vous achetez un Put avec un strike à 115 € et une échéance de trois mois, en payant une prime de 4 € par action. Si le prix des actions chute à 100 €, votre Put vous donne le droit de les vendre à 115 €, limitant ainsi considérablement la perte. Si, au contraire, le prix monte, votre gain potentiel sur les actions est illimité, et votre seule « perte » sera le coût de la prime. Cette stratégie offre une tranquillité d’esprit, permettant de maintenir des positions à long terme sans craindre des effondrements soudains. Pour une gestion du risque plus structurée, vous pouvez approfondir comment on calcule la Value at Risk (VaR) pour protéger vos investissements.
Les options dans le contexte italien et européen
Dans le paysage européen, le marché de référence pour les produits dérivés, y compris les options, est l’Eurex, l’une des plus grandes places boursières au monde, née de la fusion entre le marché allemand et le marché suisse. Via l’Eurex, il est possible de négocier des options sur une large gamme de sous-jacents, tels que les principaux indices boursiers européens (y compris l’italien FTSE MIB), des actions individuelles de grandes entreprises et des taux d’intérêt. Borsa Italiana propose également un marché dédié, l’IDEM, où sont échangées les options sur l’indice FTSE MIB (options MIBO) et sur de nombreuses actions italiennes. Les données récentes de Borsa Italiana montrent un volume significatif d’options Call et Put sur l’indice principal et sur des titres comme Intesa Sanpaolo, Generali et Eni, témoignant d’un marché actif et liquide.
L’approche culturelle méditerranéenne, souvent axée sur la préservation du capital et une certaine aversion au risque, peut trouver dans les options un outil étonnamment adapté. Plutôt que d’être perçues uniquement comme des véhicules spéculatifs, des stratégies comme le Protective Put incarnent un besoin de protection profondément ancré. De même, le Covered Call répond au désir d’obtenir un rendement constant et tangible de ses actifs, un peu comme la location d’un bien immobilier. L’innovation financière ne s’oppose donc pas à la tradition, mais offre de nouvelles méthodes pour poursuivre des objectifs anciens : la sécurité et la croissance durable. Pour mieux comprendre les modèles mathématiques derrière ces outils, vous pouvez lire notre guide sur la formule de Black-Scholes.
Avantages et risques du trading d’options
Le trading d’options offre des avantages uniques, mais comporte également des risques spécifiques qui doivent être bien compris. Le principal avantage est la flexibilité : les options permettent de construire des stratégies sur mesure pour n’importe quel scénario de marché (haussier, baissier ou latéral). Un autre point fort est l’effet de levier, qui permet de contrôler une valeur nominale élevée d’un sous-jacent avec un capital relativement faible (la prime). Cela amplifie les profits potentiels. De plus, comme nous l’avons vu, les options sont d’excellents outils pour la gestion du risque, permettant de protéger un portefeuille contre les mouvements de marché défavorables.
Cependant, les risques ne doivent pas être sous-estimés. La complexité est le premier obstacle : comprendre toutes les variables qui influencent le prix d’une option, comme la volatilité et la dépréciation temporelle (theta), demande de l’étude et de la préparation. La dépréciation temporelle est un ennemi constant pour l’acheteur d’options : chaque jour qui passe, l’option perd une petite partie de sa valeur, même si le prix du sous-jacent ne bouge pas. Enfin, bien que la perte pour l’acheteur soit limitée à la prime, il est possible de perdre l’intégralité du capital investi si l’option expire sans valeur. Pour celui qui vend des options « nues » (non couvertes), le risque peut être théoriquement illimité.
En Bref (TL;DR)
Les options Call et Put sont des instruments financiers qui permettent d’aller au-delà du simple achat d’actions, en offrant des stratégies flexibles pour générer des revenus et protéger son portefeuille d’investissements.
Découvrez comment mettre en œuvre des stratégies efficaces comme le covered call et le protective put pour protéger vos investissements et générer de nouvelles opportunités de profit.
Nous approfondirons des stratégies efficaces comme le covered call et le protective put, en analysant le rôle crucial de la volatilité pour optimiser vos opérations.
Conclusions

Les options Call et Put sont des outils puissants qui, utilisés à bon escient, peuvent considérablement enrichir l’arsenal d’un investisseur. Il ne s’agit pas seulement de spéculation, mais de gestion stratégique du capital. Grâce à des stratégies comme le Covered Call, il est possible de générer un revenu supplémentaire à partir d’un portefeuille existant, tandis que le Protective Put offre un précieux filet de sécurité contre les turbulences des marchés. La bonne approche n’est pas de rechercher des gains faciles et immédiats, mais d’intégrer les options dans un plan d’investissement bien réfléchi, qui équilibre risque et rendement.
Le chemin pour maîtriser les options demande de l’engagement, de l’étude et une approche prudente. Commencer avec de petites sommes, se concentrer sur les stratégies de base et comprendre en profondeur le rôle de la volatilité et du temps sont des étapes essentielles. Dans un contexte comme celui de l’Italie et de l’Europe, où la tradition de la gestion prudente de l’épargne rencontre l’innovation financière, les options représentent une opportunité d’évoluer, en passant d’investisseurs passifs à des gestionnaires actifs et conscients de leur avenir financier. La clé du succès, comme toujours, réside dans l’équilibre et la connaissance.
Questions fréquentes
Une option Call vous donne le droit, mais non l’obligation, d’acheter un actif (comme une action) à un prix fixé avant une certaine date. C’est utile si vous pensez que le prix va monter. Une option Put, à l’inverse, vous donne le droit de vendre à un prix prédéfini. C’est une sorte d’assurance contre une baisse du prix. Dans les deux cas, pour obtenir ce droit, vous payez une somme appelée « prime ».
Pour ceux qui débutent, deux stratégies fondamentales sont le « Covered Call » et le « Protective Put ». Avec le Covered Call, si vous possédez déjà des actions, vous pouvez vendre des options Call sur celles-ci pour encaisser une prime, générant ainsi un revenu supplémentaire. Le Protective Put fonctionne comme une assurance : si vous possédez des actions, vous achetez une option Put pour vous protéger d’éventuelles baisses du marché, limitant ainsi les pertes.
Le risque principal dépend si vous achetez ou vendez des options. Si vous achetez un Call ou un Put, votre perte maximale est limitée à la prime que vous avez payée pour l’option. En revanche, si vous vendez des options sans posséder le sous-jacent (vente « nue » ou « à découvert »), le risque de perte peut être théoriquement illimité, car vous pourriez devoir acheter ou vendre l’actif à un prix très défavorable. Les options ont également une date d’échéance, après laquelle elles perdent toute valeur.
En achetant une action, vous devenez propriétaire d’une petite partie d’une entreprise. L’investissement est plus direct et n’a pas de date d’échéance. Les options, en revanche, sont des contrats dérivés : vous ne possédez pas l’action, mais seulement le droit de l’acheter ou de la vendre à certaines conditions et avec une échéance précise. Les options nécessitent un capital initial moindre mais sont plus complexes et introduisent le facteur temps comme un élément de risque supplémentaire.
La volatilité mesure l’amplitude des variations de prix d’un actif financier. Pour les options, c’est un facteur crucial car elle influence directement leur prix, c’est-à-dire la « prime ». Une plus grande volatilité, qui indique une plus grande incertitude ou une attente de larges fluctuations de prix, rend les options plus chères. C’est pourquoi les traders d’options analysent attentivement la volatilité implicite, qui reflète les attentes du marché concernant les fluctuations futures.




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