Trump mise 200 mds $ sur les MBS : le spectre de 2008 ?

Donald Trump ordonne l'achat de 200 milliards de dollars de MBS pour relancer l'immobilier. Une stratégie risquée qui rappelle la crise des subprimes.

Publié le 10 Jan 2026
Mis à jour le 10 Jan 2026
de lecture

En Bref (TL;DR)

Donald Trump ordonne l’achat massif de 200 milliards de dollars de titres hypothécaires par Fannie Mae et Freddie Mac pour réduire le coût du crédit.

Cette décision audacieuse court-circuite la politique restrictive de la Réserve fédérale et s’apparente à un assouplissement quantitatif piloté directement par la Maison-Blanche.

L’utilisation politique de ces actifs complexes inquiète les économistes qui redoutent une nouvelle bulle financière similaire à celle ayant provoqué la crise de 2008.

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Washington, 10 janvier 2026 – C’est une décision qui fait trembler les salles de marché autant qu’elle ravive les fantômes du passé. Dans une manœuvre audacieuse pour tenter de dégripper le marché immobilier américain, le président Donald Trump a ordonné ce vendredi aux géants du refinancement hypothécaire, Fannie Mae et Freddie Mac, de procéder à l’achat massif de 200 milliards de dollars de titres adossés à des créances hypothécaires (MBS). Cette interventionnisme direct, qui court-circuite la politique de la Réserve fédérale, pose une question brûlante : l’administration américaine est-elle en train de gonfler la prochaine bulle financière ?

Alors que les taux d’intérêt peinent à redescendre significativement sous la barre des 6 %, cette injection massive de liquidités vise à faire baisser artificiellement le coût du crédit pour les ménages américains. Mais en doublant la mise sur ces produits financiers complexes – les mêmes qui furent au cœur de l’effondrement bancaire de 2008 – la Maison-Blanche joue une partition dangereuse pour l’économie mondiale.

Donald Trump e la strategia sui titoli ipotecari MBS USA
La manovra di Trump sui mutui da 200 miliardi sfida la Fed e agita i mercati globali.

Un « Quantitative Easing » présidentiel pour contrer la Fed

L’annonce a eu l’effet d’une bombe. Selon La Tribune, Donald Trump a explicitement demandé à la Federal Housing Finance Agency (FHFA), dirigée par Bill Pulte, d’utiliser les réserves de cash accumulées par Fannie Mae et Freddie Mac pour absorber ces 200 milliards de dollars de dettes immobilières. L’objectif affiché est clair : faire chuter les taux d’emprunt en créant une demande artificielle sur le marché obligataire.

Cette stratégie s’apparente à un assouplissement quantitatif (QE) piloté directement par l’exécutif, une prérogative habituellement réservée à la Banque Centrale. Le timing est d’autant plus surprenant que la Réserve fédérale (Fed) fait exactement l’inverse. Selon Reuters, la Fed cherche actuellement à réduire son bilan en laissant « filer » environ 15 milliards de dollars de ces mêmes titres chaque mois pour lutter contre l’inflation. En ordonnant ces achats, Trump annule de facto les efforts de resserrement monétaire de Jerome Powell, créant une cacophonie inédite au sommet de la finance américaine.

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Trump mise 200 mds $ sur les MBS : le spectre de 2008 ? - Infografica riassuntiva
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Les Mortgage-Backed Securities (MBS) ne sont pas des instruments anodins. Ces titres, qui permettent de transformer des milliers de prêts immobiliers individuels en produits financiers échangeables en bourse, ont été le catalyseur de la crise des subprimes il y a près de vingt ans. En incitant Fannie Mae et Freddie Mac à doubler leur exposition à ces actifs, l’administration Trump parie que le marché immobilier est solide.

Cependant, les critiques fusent. En forçant ces entités parapubliques (toujours sous tutelle de l’État depuis leur sauvetage en 2008) à se charger de dettes, le gouvernement transfère le risque final sur le contribuable américain. Si le marché se retourne ou si les défauts de paiement augmentent, les pertes pourraient être colossales. C’est ce mécanisme de transfert de risque opaque qui avait précipité la chute de Lehman Brothers.

Réaction immédiate des marchés et risques à long terme

Donald Trump davanti a grafici finanziari e loghi di Fannie Mae e Freddie Mac.
Trump investe 200 miliardi nel mercato immobiliare sfidando le politiche della Fed.
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Grafico finanziario in calo con silhouette di Donald Trump e dollari sullo sfondo.
La manovra di Trump sui mutui riaccende i timori di una nuova bolla finanziaria simile al 2008.

À court terme, le pari semble payer. Selon Boursorama, les marchés ont réagi avec euphorie : les valeurs immobilières ont bondi et les taux hypothécaires à 30 ans ont brièvement chuté sous les 6 %, atteignant 5,99 % vendredi soir. Les investissements affluent de nouveau vers les constructeurs de maisons et les sociétés technologiques immobilières comme Opendoor, qui voient dans cette liquidité soudaine une bouée de sauvetage.

Toutefois, de nombreux économistes mettent en garde contre l’illusion d’une baisse des taux sans résolution des problèmes structurels. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a tenté de rassurer en affirmant que l’objectif était simplement de « compenser » le retrait de la Fed. Mais injecter 200 milliards de dollars dans un marché où les prix de l’immobilier sont déjà historiquement élevés risque surtout de soutenir la demande sans créer d’offre supplémentaire, alimentant ainsi une nouvelle spirale inflationniste des prix du logement.

Conclusion

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En mobilisant 200 milliards de dollars pour inonder le marché des MBS, Donald Trump tente un coup de poker économique majeur pour son début de second mandat. Si la baisse immédiate des taux peut satisfaire l’électorat et relancer la construction à court terme, l’utilisation politique d’outils financiers à l’origine de la pire crise du siècle dernier reste un pari risqué. Entre soutien artificiel de la croissance et dangerosité systémique, la frontière est mince, et l’économie américaine pourrait bien se retrouver à nouveau en équilibre instable sur une montagne de dettes titrisées.

Questions fréquemment posées

disegno di un ragazzo seduto con nuvolette di testo con dentro la parola FAQ
Pourquoi Donald Trump a-t-il ordonné l’achat de 200 milliards de dollars de MBS ?

L’objectif principal de cette manœuvre est de faire baisser artificiellement les taux d’intérêt hypothécaires qui peinent à descendre sous les 6 %. En injectant massivement des liquidités via Fannie Mae et Freddie Mac, l’administration cherche à dégripper le marché immobilier et à réduire le coût du crédit pour les ménages, agissant ainsi comme un assouplissement quantitatif piloté directement par l’exécutif.

Quels sont les risques économiques liés aux Mortgage-Backed Securities (MBS) ?

Ces produits financiers complexes, qui consistent en des titres adossés à des créances hypothécaires, étaient au cœur de la crise financière de 2008. En augmentant l’exposition de l’État à ces actifs, le gouvernement risque de gonfler une nouvelle bulle financière et transfère le risque de défaut de paiement final sur les contribuables américains, rappelant les mécanismes ayant mené à la chute de Lehman Brothers.

Comment cette décision s’oppose-t-elle à la politique actuelle de la Réserve fédérale ?

Cette intervention crée une contradiction majeure car elle va à l’encontre des efforts de la Fed qui cherche actuellement à réduire son bilan pour lutter contre l’inflation. Alors que la Banque Centrale laisse filer environ 15 milliards de dollars de titres par mois, l’ordre présidentiel d’en acheter pour 200 milliards annule de facto ce resserrement monétaire, créant une cacophonie au sommet de la finance américaine.

Quel a été l’impact immédiat de l’annonce sur le marché immobilier ?

La réaction des marchés a été rapide, marquée par une euphorie boursière et une baisse temporaire des taux hypothécaires à 30 ans sous la barre des 6 %. Si les valeurs des constructeurs et des sociétés technologiques immobilières ont bondi, de nombreux économistes craignent que cela ne soutienne la demande sans créer d’offre supplémentaire, alimentant ainsi une spirale inflationniste sur les prix du logement.

Quel rôle jouent Fannie Mae et Freddie Mac dans cette stratégie ?

Ces deux géants du refinancement hypothécaire, sous tutelle de l’État, sont utilisés comme bras armé de cette politique. Sur demande explicite transmise à la FHFA, ils doivent utiliser leurs réserves de liquidités pour absorber la dette immobilière. Cela permet au président de contourner les canaux traditionnels de la politique monétaire habituellement réservés à la Banque Centrale.

Francesco Zinghinì

Ingénieur et entrepreneur numérique, fondateur du projet TuttoSemplice. Sa vision est de briser les barrières entre l’utilisateur et l’information complexe, rendant des sujets comme la finance, la technologie et l’actualité économique enfin compréhensibles et utiles au quotidien.

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