En Bref (TL;DR)
Suite à la capture de Maduro, le gouvernement intérimaire libère des opposants politiques pour tenter d’apaiser les tensions avec Washington.
Donald Trump revendique une tutelle sur le Venezuela, annulant de nouvelles attaques pour se concentrer sur l’exploitation des ressources pétrolières.
Cette gestion interventionniste fracture le Parti républicain, où l’occupation prolongée du pays inquiète la frange isolationniste du camp conservateur.
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C’est une séquence diplomatique et militaire d’une intensité rare qui secoue l’Amérique latine depuis le début de l’année. Six jours après l’opération commando américaine ayant mené à la capture de Nicolás Maduro, le Venezuela vit une transition sous haute tension. Ce jeudi 8 janvier, le pouvoir intérimaire à Caracas a tenté un geste d’apaisement majeur en libérant plusieurs prisonniers politiques, dont l’ancien candidat à la présidentielle Enrique Márquez. Une manœuvre saluée par la Maison Blanche, mais qui ne dissipe pas le flou entourant l’avenir du pays, désormais sous une forme de « tutelle » américaine assumée par Donald Trump. Cette nouvelle doctrine interventionniste, mêlant intérêts pétroliers et diplomatie de la canonnière, commence toutefois à susciter des remous jusqu’au sein du Parti républicain.
Alors que le calme précaire règne dans les rues de Caracas, les tractations en coulisses redessinent la carte géopolitique de la région. Entre un gouvernement chaviste décapité tentant de survivre et une administration Trump euphorique mais contestée sur sa méthode, le Venezuela s’enfonce dans une réalité politique inédite, où la souveraineté nationale semble, pour l’heure, mise entre parenthèses.

Un geste d’apaisement : la libération d’Enrique Márquez
La journée de jeudi a été marquée par l’ouverture des portes des geôles vénézuéliennes. Dans ce qui apparaît comme une tentative désespérée de donner des gages de bonne volonté à Washington, le gouvernement intérimaire dirigé par Delcy Rodríguez a procédé à la libération de plusieurs figures de l’opposition. Le nom le plus notable est celui d’Enrique Márquez, ancien candidat à la présidentielle contestée de 2024, qui avait mené une bataille judiciaire acharnée contre la réélection frauduleuse de Nicolás Maduro.
Selon Jorge Rodríguez, président du Parlement et frère de la présidente par intérim, ces libérations constituent « un geste unilatéral du gouvernement » visant à « favoriser la coexistence pacifique ». Toutefois, le pouvoir en place tient à sauver les apparences. Dans une allocution télévisée, Delcy Rodríguez a martelé que le Venezuela n’était « ni subordonné ni soumis » aux États-Unis, réitérant même sa « loyauté » envers le président déchu, actuellement détenu sur le sol américain. Malgré cette rhétorique de résistance, les analystes voient dans ces libérations une réponse directe aux pressions de la Maison Blanche, qui maintient un blocus naval strict et a récemment saisi le pétrolier Olina.
La « Pax Trumpiana » : pétrole et tutelle assumée
De son côté, Donald Trump ne cache pas sa satisfaction, ni ses ambitions. Sur son réseau Truth Social, le président américain a qualifié ces libérations de « geste très important et intelligent ». En conséquence, il a annoncé avoir « annulé » une seconde vague d’attaques militaires initialement prévue, citant la « coopération » du régime de Caracas. Mais derrière ce soulagement diplomatique se dessine une réalité plus crue : celle d’une mise sous tutelle économique et politique du pays.
Dans un entretien accordé au New York Times, le locataire de la Maison Blanche a affirmé que les États-Unis pourraient conserver le contrôle du Venezuela « pour plusieurs années ». L’objectif affiché est clair : la « reconstruction » de l’industrie pétrolière. Donald Trump a d’ailleurs reçu, ce vendredi après-midi, les dirigeants des grandes majors pétrolières américaines pour discuter des « immenses opportunités » offertes par les réserves d’hydrocarbures vénézuéliennes, les plus importantes au monde. Cette stratégie, qui s’apparente à une administration directe des ressources d’un État souverain, marque une rupture brutale avec les normes du droit international, transformant le pays en un protectorat de fait.
Washington divisé : la fronde des républicains

Si l’opération militaire du 3 janvier a été saluée par la base électorale de Donald Trump comme un succès « hollywoodien », la gestion de l’après-Maduro commence à fissurer l’unité du camp conservateur. Des voix s’élèvent parmi les républicains pour critiquer cette « tutelle » qui s’installe dans la durée. Ce « chaos doctrinal », comme le qualifient certains observateurs à Washington, oppose deux visions de l’Amérique : les interventionnistes néoconservateurs, ravis de la chute d’un régime socialiste, et la frange isolationniste « America First », qui voit d’un très mauvais œil cet engagement coûteux et risqué dans la construction d’un État (nation building) en Amérique latine.
Certains élus au Congrès s’inquiètent également des implications légales de cette occupation de facto et de l’absence de vote formel sur ces nouvelles orientations militaires. La perspective de gérer le Venezuela comme une quasi-colonie pour les années à venir contredit, pour une partie de la droite américaine, la promesse de campagne de Donald Trump de désengager les États-Unis des conflits étrangers. Cette fronde interne pourrait compliquer le vote des budgets nécessaires aux futures réformes et au maintien des troupes dans la zone des Caraïbes.
L’opposition vénézuélienne en embuscade
Pendant ce temps, l’opposition démocratique vénézuélienne tente de se faire entendre dans ce dialogue direct entre Trump et les héritiers du chavisme. María Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix 2025, a salué la libération des prisonniers, estimant que « la vérité parvient à se frayer un chemin ». De son côté, Edmundo González Urrutia, toujours en exil en Espagne, s’est dit « profondément heureux » pour les familles réunies.
Cependant, une question demeure : quelle place pour des élections libres dans ce nouveau schéma ? Alors que Delcy Rodríguez occupe le palais de Miraflores avec l’assentiment tacite de Washington pour assurer la transition, l’organisation d’un véritable scrutin démocratique semble reléguée au second plan, derrière les impératifs de stabilité pétrolière. Le risque, pour l’opposition, est de voir la « tutelle » américaine s’accommoder d’un chavisme « light » et docile, au détriment d’une véritable refonte des institutions démocratiques.
Conclusion

En ce 9 janvier 2026, le Venezuela est un pays en suspens. Débarrassé de Nicolás Maduro, mais pas du système qu’il a incarné, le pays navigue entre les injonctions de Washington et les tentatives de survie du gouvernement intérimaire. Si la libération des prisonniers offre une bouffée d’oxygène, la confirmation d’une tutelle américaine durable et la mainmise sur le pétrole annoncent une période d’incertitude. Donald Trump, bien que victorieux militairement, ouvre un front politique complexe, tant sur la scène internationale qu’au sein de son propre parti, où les critiques contre cette nouvelle aventure impériale commencent à se faire entendre.
Questions fréquemment posées

Le Venezuela traverse une période de transition complexe sous la direction d un gouvernement intérimaire mené par Delcy Rodríguez, tout en étant soumis à une forte pression des États-Unis. Bien que le leader chaviste ait été arrêté par un commando américain, la structure du pouvoir reste en place mais doit composer avec une forme de tutelle imposée par Washington. Le pays vit dans un calme précaire où la souveraineté nationale est temporairement mise entre parenthèses au profit d une stabilisation dictée par les intérêts pétroliers et géopolitiques.
La libération de figures de l opposition comme Enrique Márquez est interprétée comme une manœuvre de survie politique et un gage de bonne volonté envers l administration Trump. Ce geste vise principalement à éviter une seconde vague d attaques militaires américaines et à alléger la pression du blocus naval. Bien que présentée officiellement comme une mesure favorisant la coexistence pacifique, cette décision répond directement aux exigences de la Maison Blanche pour maintenir le dialogue.
Cette stratégie implique un contrôle direct et prolongé des États-Unis sur les affaires économiques et politiques du Venezuela, transformant le pays en un protectorat de fait. L objectif central affiché par Donald Trump est la reconstruction de l industrie pétrolière vénézuélienne et l exploitation de ses immenses réserves par des compagnies américaines. Cette doctrine marque une rupture avec le droit international classique, envisageant une administration des ressources nationales pour plusieurs années.
La gestion de l après-Maduro crée une fracture entre les interventionnistes, qui célèbrent la chute d un régime socialiste, et la frange isolationniste du mouvement America First. Ces derniers s inquiètent des coûts financiers et des risques liés à une occupation durable et au nation building en Amérique latine. Cette opposition interne soulève des questions sur la légalité de l opération et pourrait freiner le vote des budgets nécessaires au maintien des troupes dans la région.
L opposition démocratique, incarnée par des figures comme María Corina Machado, tente de faire entendre sa voix dans le dialogue direct qui s est instauré entre Washington et les héritiers du chavisme. Bien qu elle salue la libération des prisonniers politiques, elle redoute que l organisation d élections libres ne soit sacrifiée au profit de la stabilité pétrolière. Le risque perçu est que la tutelle américaine ne s accommode d un gouvernement chaviste affaibli mais docile, retardant ainsi une véritable démocratisation.
Sources et Approfondissements
- Département d’État des États-Unis : Programme de récompenses pour la capture de Nicolás Maduro
- Département du Trésor des États-Unis : Informations officielles sur les sanctions contre le Venezuela
- U.S. Energy Information Administration : Analyse des réserves pétrolières et énergétiques du Venezuela
- Wikipédia : Biographie d’Enrique Márquez, ancien vice-président du CNE et opposant politique

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