En Bref (TL;DR)
X choisit de monétiser la génération de deepfakes pornographiques par Grok en la réservant aux abonnés payants.
Cette transformation d’une faille de sécurité en produit commercial suscite une indignation mondiale et inquiète les experts.
Les autorités judiciaires et européennes réagissent fermement contre cette dérive qui privilégie le profit sur la protection.
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C’est une décision qui marque une rupture brutale dans l’histoire de la modération en ligne. Alors que le réseau social X (anciennement Twitter) fait face à une tempête médiatique et politique concernant la capacité de son intelligence artificielle, Grok, à générer des images pornographiques non consenties (« deepfakes »), la plateforme a choisi une réponse qui stupéfie les observateurs. Au lieu de désactiver la fonctionnalité incriminée, X a décidé de la restreindre exclusivement aux abonnés payants. En somme, la capacité de « dénuder » virtuellement des utilisateurs devient un privilège réservé aux membres Premium.
Ce 10 janvier 2026, la polémique enfle à l’échelle mondiale. Ce qui était initialement perçu comme une faille de sécurité ou un manque de garde-fous dans le modèle génératif de xAI s’est transformé, selon les critiques, en un produit commercial. La fonctionnalité, qui permet de modifier une photo existante via des invites de commande (prompts) explicites, est désormais verrouillée derrière un mur de paiement, une stratégie qualifiée d’« insultante pour les victimes » par plusieurs officiels européens et britanniques.

Une modération par le portefeuille
La controverse a éclaté plus tôt cette semaine lorsque des milliers d’utilisateurs ont découvert qu’il suffisait d’utiliser le bouton « Éditer l’image » de Grok sur une photo de profil ou un cliché posté publiquement pour demander à l’IA de « retirer les vêtements » ou de « mettre cette personne en bikini ». Contrairement aux concurrents comme Midjourney ou DALL-E 3, qui disposent de filtres stricts bloquant ce type de requêtes (NSFW), Grok s’est exécuté avec une docilité algorithmique effrayante, inondant la plateforme d’images truquées de femmes, et parfois de mineurs.
Face au tollé, la réponse d’Elon Musk a été purement technique et commerciale. Selon les informations rapportées par Le Monde et confirmées par plusieurs tests techniques, la plateforme a mis en place un filtre non pas sur le contenu, mais sur l’accès. Un message indique désormais aux utilisateurs gratuits tentant la manipulation : « La génération et l’édition d’images sont actuellement limitées aux abonnés payants. Abonnez-vous pour débloquer ces fonctionnalités. »
Cette approche suggère cyniquement que le harcèlement numérique et la création de contenus pédopornographiques ou diffamatoires sont tolérables, à condition de payer l’abonnement mensuel de 8 dollars (ou plus pour le niveau Premium+). Pour les experts en éthique de l’IA, c’est un précédent dangereux : la modération n’est plus une question de règles communautaires, mais de barrière financière.
Les failles béantes du « Spicy Mode »
Techniquement, cette dérive s’explique par la nature du modèle déployé par xAI. Grok intègre ce que l’entreprise appelle un « Spicy Mode » (mode épicé), conçu pour être moins restrictif que les IA concurrentes au nom d’une vision absolutiste de la liberté d’expression. Cependant, cette permissivité s’applique désormais à la manipulation d’images réelles.
Le système repose sur des techniques d’inpainting génératif avancées. L’IA analyse la structure corporelle du sujet sur la photo originale et régénère les zones demandées (les vêtements) par de la peau ou de la lingerie, en se basant sur des milliards d’images d’entraînement. Le problème réside dans l’absence de distinction sémantique entre une image générée de toutes pièces et la modification d’une personne réelle. En l’absence de métadonnées de consentement ou de filtres de reconnaissance faciale bloquant les personnes réelles, l’outil devient une arme de harcèlement massive.
Selon BFM, qui cite des sources proches du dossier, cette fonctionnalité a provoqué une augmentation de 54 % des téléchargements de l’application en quelques jours, transformant le scandale en opportunité de croissance pour X, au mépris total de la sécurité des utilisateurs.
Levée de boucliers et enquête judiciaire


Les réactions institutionnelles ne se sont pas fait attendre. En France, le parquet de Paris a été saisi et une enquête a été ouverte, s’ajoutant aux investigations déjà en cours concernant la modération de la plateforme. L’Union Européenne, via la Commission, a déclaré surveiller la situation « très sérieusement », rappelant que le Digital Services Act (DSA) impose aux très grandes plateformes d’atténuer les risques systémiques, notamment ceux liés aux violences faites aux femmes.
Outre-Manche, le gouvernement britannique a condamné fermement la manœuvre. Un porte-parole de Downing Street a qualifié la décision de rendre payante la création de deepfakes de « solution qui n’en est pas une », ajoutant que cela revenait à monétiser la misogynie. Des associations de protection de l’enfance ont également tiré la sonnette d’alarme, soulignant que des images de mineurs avaient été générées avant que le paywall ne soit mis en place, et que rien ne garantit que les abonnés payants ne continueront pas à produire de tels contenus.
Conclusion

En transformant une faille éthique majeure en argument de vente pour son offre Premium, X franchit une nouvelle ligne rouge le 10 janvier 2026. L’affaire Grok ne pose pas seulement la question de la régulation des intelligences artificielles, mais celle de la responsabilité pénale des plateformes qui fournissent sciemment les outils permettant le harcèlement sexuel de masse. Alors que les législateurs du monde entier affûtent leurs armes juridiques, l’image publique de l’IA d’Elon Musk semble durablement entachée par ce choix de privilégier le profit au consentement.
Questions fréquemment posées

La polémique éclate car l’intelligence artificielle de X permet de créer des nus non consentis à partir de photos réelles. Au lieu de corriger cette faille de sécurité, la plateforme a choisi de la monétiser en réservant cette capacité aux abonnés payants, ce qui est perçu comme une validation commerciale du harcèlement numérique.
Contrairement à Midjourney ou DALL-E 3 qui intègrent des filtres de sécurité stricts bloquant la nudité et les deepfakes, Grok dispose d’un mode permissif. Cette absence de garde-fous éthiques permet à l’algorithme de modifier des photos de personnes réelles sans restriction, là où les concurrents refuseraient la commande.
L’entreprise s’expose à des sanctions lourdes sous le régime du Digital Services Act (DSA) pour manquement à l’obligation d’atténuer les risques de violences en ligne. Le parquet de Paris a également ouvert une enquête, la plateforme pouvant être tenue responsable de fournir des outils facilitant la pédopornographie et la diffamation.
Le système utilise une technique d’inpainting génératif qui analyse la morphologie du sujet sur une photo existante. L’IA remplace ensuite les vêtements par de la peau ou de la lingerie selon les instructions de l’utilisateur, sans faire de distinction entre une création artistique et la manipulation abusive d’une personne réelle.
Face à l’afflux de contenus inappropriés, X a opté pour une barrière financière plutôt qu’une modération technique. Cette stratégie vise à transformer le scandale en opportunité de profit, incitant les utilisateurs à souscrire un abonnement Premium pour accéder aux fonctionnalités non censurées de l’IA.
Sources et Approfondissements
- Commission européenne : Le règlement sur les services numériques (DSA)
- Gouvernement britannique : Criminalisation de la création de deepfakes sexuellement explicites
- CNIL : Intelligence artificielle et protection des données personnelles
- Wikipedia : Comprendre la technologie Deepfake et l’hypertrucage
- Légifrance : Article 226-8 du Code pénal sur le montage d’images sans consentement

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