Défense : Andrius Kubilius brise le tabou d’une « armée commune » européenne

Publié le 11 Jan 2026
Mis à jour le 12 Jan 2026
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Andrius Kubilius, commissaire européen à la Défense, lors d'un discours officiel.Image générée par IA

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C’est une déclaration qui fera date dans l’histoire de la construction européenne, ou qui marquera le début d’une fracture politique majeure au sein des Vingt-Sept. Ce dimanche 11 janvier 2026, Andrius Kubilius, le commissaire européen à la Défense et à l’Espace, a brisé l’un des derniers grands tabous de l’Union : la création d’une véritable force militaire intégrée. « L’Union européenne devrait envisager de constituer une armée commune », a-t-il affirmé, estimant que le temps des simples coopérations industrielles était désormais révolu face à l’urgence géopolitique.

Alors que la guerre en Ukraine s’enlise et que les incertitudes planent sur la pérennité du parapluie nucléaire américain, cette sortie médiatique du commissaire lituanien ne doit rien au hasard. Elle intervient un an après la présentation du Livre blanc sur l’avenir de la défense européenne et marque une volonté claire de la Commission von der Leyen II d’accélérer la cadence. Pour Bruxelles, l’équation est simple : l’Europe doit devenir une puissance militaire autonome ou accepter son déclassement stratégique.

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La fin de l’innocence géopolitique

La proposition d’Andrius Kubilius s’inscrit dans un contexte de détérioration continue de la sécurité sur le Vieux Continent. Selon les données récentes de la Commission, les dépenses militaires de la Russie, en parité de pouvoir d’achat, équivalent désormais à près de 85 % des budgets de défense cumulés des États membres. « Aucun indicateur ne montre une volonté de paix de la part de Vladimir Poutine », a martelé le commissaire, soulignant que l’Europe ne peut plus se permettre le luxe de la désunion.

Mais le véritable catalyseur de cette annonce réside outre-Atlantique. Avec le pivot stratégique des États-Unis vers l’Indo-Pacifique et les pressions isolationnistes croissantes à Washington, la garantie de sécurité américaine n’a jamais semblé aussi fragile. L’agenda « Defense Readiness 2030 », initié par l’UE, visait déjà à combler les lacunes capacitaires, mais Kubilius souhaite aller plus loin. Il ne s’agit plus seulement de « dépenser mieux » ensemble, mais de se préparer à « remplacer potentiellement les troupes américaines » sur le sol européen si la nécessité s’en faisait sentir.

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Au-delà de la coopération industrielle

Défense : Andrius Kubilius brise le tabou d'une « armée commune » européenne - Infographie résumant
Infographie résumant l’article “Défense : Andrius Kubilius brise le tabou d’une « armée commune » européenne” (Visual Hub)

Jusqu’à présent, l’action de l’UE en matière de défense se limitait principalement à des incitations économiques. Le programme EDIP (Programme européen d’investissement dans le domaine de la défense) et la stratégie industrielle EDIS ont permis de lancer des achats conjoints de munitions et de soutenir la base industrielle. Cependant, comme le soulignait Andrius Kubilius dans un entretien fin 2025, les armées européennes ne disposent encore que de « 50 % des moyens nécessaires » pour répondre aux exigences de haute intensité de l’OTAN.

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Le problème demeure la fragmentation. Environ 40 % des budgets d’acquisition des États membres partent encore vers des fournisseurs extra-européens, majoritairement américains. En évoquant une « armée commune », le commissaire pointe du doigt l’inefficacité opérationnelle de vingt-sept armées juxtaposées, aux systèmes souvent incompatibles. L’idée sous-jacente est celle d’une rationalisation drastique : un commandement unifié, des standards uniques et une logistique intégrée, capable de projeter une force crédible sans attendre le feu vert de Washington.

Un Conseil de sécurité européen ?

Andrius Kubilius au pupitre avec le drapeau de l'Union européenne
Andrius Kubilius brise le tabou et plaide pour une armée commune européenne face à l’urgence russe. (Visual Hub)

Pour accompagner cette vision militaire, Andrius Kubilius a également relancé l’idée d’une réforme institutionnelle majeure : la création d’un Conseil de sécurité européen. Cette instance, qui pourrait inclure le Royaume-Uni pour les discussions stratégiques, permettrait de dépasser la règle de l’unanimité qui paralyse trop souvent la politique étrangère de l’UE. « Nous devons dépasser le stade des débats pour préparer rapidement des décisions stratégiques », a-t-il plaidé.

Cette proposition risque toutefois de se heurter à un mur de souveraineté. Si la France a longtemps poussé pour une « autonomie stratégique », l’idée d’une armée supranationale reste difficilement compatible avec son siège au Conseil de sécurité de l’ONU et sa force de dissuasion nucléaire. L’Allemagne, bien que favorable à une intégration accrue, reste entravée par ses limites constitutionnelles et budgétaires. Quant aux pays d’Europe de l’Est et aux États baltes, dont est issu M. Kubilius, ils ont traditionnellement vu toute tentative d’autonomie européenne comme une menace pour l’alliance vitale avec l’OTAN. Le fait que cette proposition vienne justement d’un commissaire lituanien signale cependant un changement de paradigme à l’Est : la peur d’un abandon américain commence à l’emporter sur la peur de froisser l’OTAN.

En Bref (TL;DR)

Le commissaire Andrius Kubilius brise un tabou historique en proposant officiellement la création d’une armée commune pour assurer la sécurité de l’Union.

Cette initiative vise à pallier le désengagement américain et la fragmentation des défenses nationales par une intégration militaire et logistique totale.

Bien que politiquement sensible pour la souveraineté des États, ce projet marque une étape décisive vers une Europe devenue puissance militaire autonome.

Conclusion

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En appelant à la constitution d’une armée commune ce 12 janvier 2026, Andrius Kubilius ne s’attend probablement pas à voir des bataillons sous drapeau européen défiler demain. Son objectif est politique : créer un électrochoc. Alors que le monde se réarme à une vitesse inédite depuis la Guerre froide, l’Union européenne se trouve à la croisée des chemins. Elle doit choisir entre rester une puissance commerciale sous tutelle sécuritaire ou devenir un acteur géopolitique à part entière. Le débat est désormais ouvert, et il promet d’être aussi intense que nécessaire.

Questions fréquemment posées

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Pourquoi Andrius Kubilius propose-t-il une armée européenne commune ?

Andrius Kubilius suggère cette force intégrée en réponse à l’urgence géopolitique actuelle, marquée par l’enlisement de la guerre en Ukraine et le réarmement massif de la Russie. Avec la possibilité d’un désengagement américain et le pivot des États-Unis vers l’Indo-Pacifique, le commissaire estime que l’Europe doit devenir une puissance militaire autonome. L’objectif est de ne plus dépendre exclusivement du parapluie nucléaire américain et de pouvoir assurer la sécurité du continent par ses propres moyens.

Quels sont les principaux obstacles à la création d’une défense européenne unifiée ?

Les freins sont multiples, allant de la souveraineté nationale aux contraintes budgétaires. La France souhaite préserver son autonomie liée à la dissuasion nucléaire, tandis que l’Allemagne fait face à des limites constitutionnelles. Par ailleurs, la fragmentation industrielle est un problème majeur, car les armées des Vingt-Sept utilisent des systèmes souvent incompatibles et achètent encore massivement hors d’Europe. Enfin, la règle de l’unanimité politique paralyse souvent les décisions rapides nécessaires en temps de crise.

En quoi consiste le projet de Conseil de sécurité européen ?

Cette réforme institutionnelle proposée par le commissaire vise à fluidifier la prise de décision en matière de politique étrangère et de défense. L’objectif est de contourner la règle de l’unanimité qui ralentit l’action de l’UE. Ce conseil permettrait de préparer des décisions stratégiques plus rapidement et pourrait inclure le Royaume-Uni dans les discussions, renforçant ainsi la crédibilité militaire et géopolitique du bloc européen face aux menaces extérieures.

Quel est l’état actuel des capacités militaires de l’Union européenne ?

Selon les analyses de la Commission, la situation est critique. Les armées européennes ne disposent que de la moitié des moyens nécessaires pour répondre aux exigences de haute intensité de l’OTAN. Environ 40 % des budgets d’acquisition partent vers des fournisseurs extra-européens, principalement américains, ce qui nuit à l’autonomie industrielle du continent. L’absence de commandement unifié et de logistique intégrée rend les forces actuelles peu efficaces pour une projection de puissance autonome.

Francesco Zinghinì

Ingénieur et entrepreneur numérique, fondateur du projet TuttoSemplice. Sa vision est de briser les barrières entre l’utilisateur et l’information complexe, rendant des sujets comme la finance, la technologie et l’actualité économique enfin compréhensibles et utiles au quotidien.

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C’est bien beau sur le papier, mais franchement, j’ai du mal à y croire. La France ne partagera jamais son siège au Conseil de sécurité de l’ONU ni sa dissuasion nucléaire. Est-ce qu’Andrius Kubilius a précisé comment il compte gérer cette question de souveraineté nationale ? On dirait un vœu pieux plus qu’une stratégie réaliste.

Simply · Assistant virtuel IA

Bonjour-Marc, votre scepticisme est légitime et partagé par beaucoup d’analystes. Kubilius est conscient que la souveraineté est le point de blocage majeur. C’est précisément pour cela qu’il propose la création d’un « Conseil de sécurité européen » en parallèle. L’idée n’est pas de fusionner immédiatement les armées, mais de créer une structure de commandement unifiée pour les nouvelles capacités. Pour la dissuasion nucléaire française, le sujet reste tabou, mais l’objectif est d’abord de consolider les forces conventionnelles face à la menace russe.

Question générée par IA

Article très intéressant ! J’ai une question technique sur l’aspect industriel mentionné. Vous parlez de 40 % des budgets qui partent hors UE. Est-ce que le programme EDIP impose désormais d’acheter européen ou est-ce que les États membres peuvent encore commander des F-35 américains sans pénalités ?

Simply · Assistant virtuel IA

Merci pour votre retour ! C’est un point crucial. Actuellement, le programme EDIP incite fortement à l’achat conjoint européen via des bonus financiers et des déductions fiscales, mais il n’y a pas encore d’interdiction formelle d’acheter américain (comme le F-35). Cependant, la vision de Kubilius et du Livre blanc 2025 est de rendre les achats hors-UE beaucoup moins attractifs économiquement à terme. L’objectif est l’autonomie stratégique industrielle.

Question générée par IA

Je ne comprends pas bien la position des pays de l’Est. D’habitude, ils ne jurent que par l’OTAN. Pourquoi un commissaire lituanien pousserait-il pour une armée européenne qui pourrait faire doublon ? N’est-ce pas risqué de se mettre l’OTAN à dos en ce moment ?

Simply · Assistant virtuel IA

Excellente remarque. C’est effectivement le grand changement de paradigme de 2026. Les pays baltes, dont vient M. Kubilius, constatent le pivot américain vers le Pacifique (et les incertitudes politiques à Washington). Ils réalisent que l’OTAN reste vitale, mais qu’elle pourrait ne pas suffire si les USA sont occupés ailleurs. Ce projet ne vise pas à concurrencer l’OTAN, mais à créer un « pilier européen » capable d’agir seul si nécessaire. C’est une assurance-vie supplémentaire.

Question générée par IA

Le problème c’est la langue. Une armée commune, ok, mais quelle langue on parle ? Anglais ? Français ? Si chaque officier doit attendre une traduction, on a perdu la guerre avant de l’avoir commencée.

Simply · Assistant virtuel IA

C’est une contrainte opérationnelle majeure. De facto, l’anglais est déjà la langue standard de l’OTAN (STANAG) et utilisée pour les procédures interopérables. Une armée européenne conserverait probablement l’anglais opérationnel pour la coordination, même après le Brexit, par pur pragmatisme. L’enjeu est surtout l’interopérabilité des systèmes de communication (radio, data) plus que la langue parlée elle-même.

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