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En ce dimanche 18 janvier 2026, la scène géopolitique régionale est marquée par la publication d’une note stratégique majeure qui éclaire d’un jour nouveau les tensions perceptibles dans l’Atlantique Nord. Alors que le terme « Canaries » sature les tendances de recherche avec plus de 1000 requêtes ces dernières heures, la corrélation entre l’actualité brûlante de l’archipel espagnol et la vision à long terme du Royaume du Maroc n’a jamais été aussi évidente. Au cœur de cette dynamique : un rapport de l’Institut Choiseul intitulé « Maroc 2035 : de l’émergence économique à la puissance-pivot ? ».
Ce document, relayé ce matin par plusieurs sources dont Hespress Français et L’Opinion, vient compléter la phrase qui manquait à l’analyse des observateurs : pour s’imposer, le Maroc mise sur l’industrie, les infrastructures et le social. Cette trinité stratégique, loin d’être une simple feuille de route interne, redessine les équilibres de la façade atlantique, provoquant par ricochet une onde de choc économique et politique chez le voisin insulaire espagnol.
Une vision royale pour une « puissance-pivot »
Selon la note rédigée par la chercheuse Yassmina Asrarguès pour l’Institut Choiseul, le Royaume est entré dans une phase décisive de sa transformation. L’objectif affiché n’est plus seulement l’émergence, mais le statut de « puissance-pivot » capable de faire le lien entre le « Sud global » et l’Occident. Cette ambition s’ancre dans une vision royale initiée dès 1999 et consolidée par le Nouveau Modèle de Développement (NMD), qui fixe l’horizon 2035 comme point de bascule.
Le rapport souligne que l’investissement dans les infrastructures a changé de nature. Il ne s’agit plus de simples équipements, mais de leviers de recomposition de la géographie économique. Si le succès du port Tanger Med en Méditerranée fait figure de modèle, c’est désormais vers le sud que les regards se tournent. Le futur port Dakhla Atlantique est présenté comme la clé de voûte de cette stratégie, destiné à capter les flux logistiques ouest-africains. C’est précisément ce point qui cristallise les inquiétudes aux Canaries, où l’on redoute un « glissement progressif » du trafic maritime vers le continent.
L’industrie et l’énergie verte comme moteurs

Outre les infrastructures portuaires et ferroviaires — avec l’extension prévue du TGV vers Marrakech et Agadir — le rapport met en exergue le pari industriel du Maroc. L’industrie automobile et aéronautique, déjà bien implantée, doit servir de tremplin pour des secteurs plus pointus. L’Institut Choiseul insiste particulièrement sur l’« Offre Maroc » pour l’hydrogène vert. Avec un investissement initial potentiel de 1,3 milliard de dollars, le Royaume entend se positionner comme un fournisseur incontournable d’énergie décarbonée pour l’Europe.
Cette montée en gamme industrielle est soutenue par l’organisation conjointe de la Coupe du monde 2030 (avec l’Espagne et le Portugal), qualifiée par le rapport d’« accélérateur temporel » pour les réformes. Cependant, cette coopération sportive n’efface pas les rivalités économiques. La productivité agricole marocaine, qui selon des données récentes de 2024 devance celle de l’Espagne dans certains secteurs comme la tomate, reste un sujet de friction constant.
Le « social » : le pilier indispensable

L’élément crucial que le rapport met en lumière, et qui complète notre actualité du jour, est la dimension sociale. L’Institut Choiseul avertit que la réussite de ce modèle repose sur la capacité du Maroc à généraliser la protection sociale et à valoriser son capital humain. L’État social n’est pas un slogan, mais une nécessité économique pour soutenir la demande intérieure et assurer la stabilité requise pour les investissements étrangers.
Cette inclusion sociale passe également par une réduction des disparités territoriales, un chantier immense où les infrastructures jouent un rôle de désenclavement. Le rapport note que sans cette cohésion sociale, l’ambition de puissance régionale resterait fragile face aux chocs exogènes.
Tensions aux Canaries : l’effet Marsa Maroc
Si ce rapport théorise la montée en puissance du Maroc, l’actualité immédiate en offre une illustration concrète qui explique la tendance de recherche « canaries ». En cette mi-janvier 2026, l’archipel est en émoi suite à l’annonce d’un partenariat stratégique entre l’opérateur public marocain Marsa Maroc et le groupe espagnol Boluda.
Selon les informations rapportées par Yabiladi et la presse ibérique, Marsa Maroc a pris une participation de 45 % dans la gestion des terminaux à conteneurs de Las Palmas et Tenerife. Cette entrée du capital public marocain dans des infrastructures critiques espagnoles est vécue comme un « électrochoc » par les acteurs locaux. Antonio Morales, président du Conseil de l’île de Grande Canarie, a exprimé sa vive inquiétude, évoquant des « risques réels » pour la souveraineté et la compétitivité des ports canariens face à la montée en puissance simultanée de Dakhla Atlantique.
Cette inquiétude économique se double de tensions diplomatiques. Toujours selon les sources locales, une délégation politique canarienne a été récemment expulsée de Laâyoune, un incident qui rappelle que le dossier du Sahara reste le prisme à travers lequel se lisent toutes les relations maroco-espagnoles, malgré les partenariats commerciaux.
En Bref (TL;DR)
Un rapport stratégique de l’Institut Choiseul détaille l’ambition marocaine de devenir une puissance-pivot régionale entre l’Afrique et l’Occident d’ici 2035.
Le Royaume déploie une stratégie globale misant sur les infrastructures portuaires, l’industrie verte et la cohésion sociale pour transformer son économie.
L’expansion maritime du Maroc, illustrée par l’entrée de Marsa Maroc dans les ports des Canaries, suscite de vives inquiétudes chez le voisin espagnol.
Conclusion

En ce début d’année 2026, le rapport de l’Institut Choiseul ne fait que confirmer une réalité que les voisins du Maroc constatent sur le terrain : le Royaume déploie une stratégie globale où l’industrie, les infrastructures et le social forment un tout cohérent. Pour les îles Canaries, cette émergence est à double tranchant, offrant des opportunités de co-développement via des partenariats croisés, tout en posant un défi existentiel à leur hégémonie logistique historique dans l’Atlantique Centre-Est. La « puissance-pivot » marocaine est en marche, et elle redessine déjà la carte géopolitique de la région.
Questions fréquemment posées

Cette stratégie vise à transformer le Royaume en une puissance-pivot connectant le Sud global et l’Occident. Elle repose sur trois piliers majeurs : le développement industriel, la modernisation des infrastructures comme le port Dakhla Atlantique et le renforcement de l’État social pour assurer la stabilité intérieure.
L’archipel espagnol redoute un déplacement du trafic maritime vers le continent africain, notamment avec le futur port de Dakhla. De plus, l’acquisition de terminaux à Las Palmas par l’opérateur marocain Marsa Maroc est perçue comme un risque pour la souveraineté économique et la compétitivité historique des Canaries.
Le Royaume mise sur l’industrie automobile et aéronautique, mais surtout sur l’énergie verte avec l’offre Maroc pour l’hydrogène décarboné. L’organisation de la Coupe du monde 2030 sert également d’accélérateur temporel pour concrétiser ces réformes et attirer les investissements étrangers.
Ce partenariat stratégique permet à Marsa Maroc de prendre une participation de 45 pour cent dans la gestion des terminaux de Las Palmas et Tenerife. Bien que cela favorise le co-développement, cette entrée de capitaux publics marocains dans des infrastructures critiques espagnoles crée des tensions politiques locales.
La généralisation de la protection sociale et la valorisation du capital humain sont indispensables pour soutenir la demande intérieure. Selon le rapport, sans cette cohésion sociale et la réduction des disparités territoriales, l’ambition de puissance régionale resterait fragile face aux chocs extérieurs.
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