Santé publique : Hélène Rossinot dénonce les injonctions culpabilisantes

Publié le 09 Jan 2026
Mis à jour le 10 Jan 2026
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Primo piano di Hélène Rossinot, medico esperto in salute pubblicaImage générée par IA

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En ce début d’année 2026, traditionnellement marqué par les « bonnes résolutions » et le défi du « Dry January », la voix du Dr Hélène Rossinot résonne avec une singularité bienvenue dans le paysage médiatique. Dans un entretien accordé au journal Le Monde ce 9 janvier, le médecin de santé publique tire la sonnette d’alarme sur les dérives d’une prévention sanitaire devenue trop moralisatrice. Son constat est sans appel : « En matière de santé publique, les injonctions blessent et culpabilisent ».

Loin des discours aseptisés, Hélène Rossinot, connue pour son engagement auprès des aidants et son récent ouvrage Revivre malgré la douleur (paru fin 2025), pointe du doigt l’inefficacité, voire la dangerosité, des messages verticaux qui saturent l’espace public. Manger, bouger, ne pas fumer, ne pas boire : lorsque ces conseils deviennent des ordres déconnectés de la réalité sociale des individus, ils manquent leur cible et renforcent l’isolement des plus vulnérables.

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La tyrannie du « Yaka Fokon » face à la réalité sociale

Le cœur de l’argumentation d’Hélène Rossinot repose sur une critique du « sanitarisme » aveugle. Selon elle, répéter des slogans simplistes ignore les déterminants sociaux de la santé, qui pèsent bien plus lourd que la volonté individuelle. Comme le soulignait le baromètre de Santé publique France publié en décembre 2025, les inégalités de santé restent étroitement corrélées au niveau de revenus et d’éducation.

Pour le médecin, dire à une personne en situation de précarité, épuisée par des temps de transport longs et un budget serré, qu’elle doit « manger cinq fruits et légumes par jour » relève de la violence symbolique. « On demande aux gens d’être des patients parfaits dans un monde imparfait », analyse-t-elle. Cette approche, qu’elle qualifie de « Yaka Fokon », nie les obstacles matériels et psychologiques qui empêchent l’adoption de comportements sains. La prévention, pour être efficace, ne doit pas être une liste de devoirs, mais un accompagnement vers le possible.

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La culpabilité : un frein aux soins

L’un des points les plus percutants soulevés par Hélène Rossinot dans les colonnes du Monde est le mécanisme de la culpabilité. Loin d’inciter au changement, la honte de ne pas réussir à suivre les recommandations officielles pousse de nombreux patients à s’éloigner du système de soins. « La culpabilité fige, elle n’aide pas à avancer », explique-t-elle.

Cette dynamique est particulièrement délétère pour les femmes et les aidants familiaux, deux populations sur lesquelles Hélène Rossinot a beaucoup travaillé. Déjà surchargés par la charge mentale et le soin aux autres, ces groupes reçoivent les injonctions sanitaires comme une charge supplémentaire impossible à porter. Le résultat est paradoxal : au lieu de protéger leur santé, les campagnes de prévention finissent par générer du stress et de l’anxiété, eux-mêmes facteurs de risque pour de nombreuses pathologies chroniques.

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Une double expertise : médecin et patiente

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Portrait du Dr Hélène Rossinot lors d'une interview sur la santé publique.
Le Dr Hélène Rossinot dénonce les dérives d’une prévention sanitaire devenue trop moralisatrice. (Visual Hub)

La force du propos d’Hélène Rossinot réside également dans sa double casquette. Médecin de santé publique, elle est aussi patiente, vivant avec une maladie chronique douloureuse. Cette expérience intime, qu’elle a partagée dans son livre Revivre malgré la douleur, nourrit sa vision d’une médecine plus humaine. Elle sait, pour l’avoir vécu, que la douleur et la fatigue ne se combattent pas à coups de slogans.

Elle plaide ainsi pour une « littératie en santé » qui donne aux citoyens les moyens de comprendre et d’agir, plutôt que de simplement obéir. Il s’agit de redonner du pouvoir d’agir aux patients, en tenant compte de leurs limites et de leur environnement. Pour Hélène Rossinot, un bon message de santé publique est un message qui inclut, qui comprend et qui soutient, plutôt qu’un message qui juge.

Vers une politique de l’empathie

Face aux défis sanitaires de 2026, notamment le vieillissement de la population et la hausse des maladies chroniques, Hélène Rossinot appelle à un changement de paradigme. Elle invite les décideurs politiques et les autorités sanitaires à sortir de la logique du « risque » pour embrasser celle du « bien-être » global.

Cela implique de financer des environnements favorables à la santé (logement, travail, alimentation accessible) plutôt que de tout miser sur la responsabilité individuelle. C’est en réduisant les inégalités structurelles que l’on améliorera la santé de tous, et non en culpabilisant ceux qui n’ont pas les moyens de suivre les règles.

En Bref (TL;DR)

Hélène Rossinot dénonce les injonctions sanitaires moralisatrices qui s’avèrent inefficaces et blessantes pour les populations les plus vulnérables.

L’experte rappelle que la précarité et l’environnement social pèsent bien plus lourd sur la santé que la simple volonté individuelle.

Pour une prévention efficace, le médecin plaide pour une approche empathique basée sur l’accompagnement structurel plutôt que sur la contrainte.

Conclusion

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En dénonçant les injonctions qui « blessent et culpabilisent », le Dr Hélène Rossinot pose les bases d’une réflexion éthique nécessaire. La santé publique ne peut se résumer à une série d’interdits ; elle doit être un levier d’émancipation. En ce début d’année, son message est clair : la bienveillance et l’écoute sont des outils thérapeutiques bien plus puissants que la contrainte.

Questions fréquemment posées

disegno di un ragazzo seduto con nuvolette di testo con dentro la parola FAQ
Pourquoi Hélène Rossinot critique-t-elle les campagnes de prévention actuelles ?

Le Dr Rossinot estime que les messages de santé publique sont devenus trop moralisateurs et déconnectés de la réalité sociale des individus. Elle dénonce une approche verticale qui ignore les contraintes financières et psychologiques des plus vulnérables, transformant les conseils de santé en injonctions culpabilisantes qui finissent par être contre-productives.

Quel est l’impact de la culpabilisation sur la santé des patients ?

Selon l’analyse du médecin, la culpabilité agit comme un frein aux soins plutôt que comme un moteur de changement. Le sentiment de honte face à l’incapacité de suivre des recommandations strictes pousse de nombreuses personnes à s’éloigner du système médical, générant un stress supplémentaire qui constitue lui-même un facteur de risque pour les maladies chroniques.

Comment les inégalités sociales influencent-elles l’efficacité de la prévention santé ?

L’article souligne que les déterminants sociaux comme le niveau de revenus, l’éducation ou les conditions de transport pèsent plus lourd que la volonté individuelle. Imposer des règles de vie saines sans tenir compte de ces obstacles matériels relève d’une violence symbolique, car on demande à des personnes en situation de précarité d’adopter des comportements inaccessibles dans leur quotidien.

Quelles solutions Hélène Rossinot propose-t-elle pour améliorer la santé publique ?

Pour remplacer la logique du risque et de l’interdit, elle plaide pour une politique de l’empathie et une meilleure littératie en santé qui redonne du pouvoir d’agir aux citoyens. Elle invite les décideurs à financer des environnements favorables, comme des logements décents et une alimentation accessible, afin de réduire les inégalités structurelles plutôt que de blâmer les individus.

En quoi la double expertise de médecin et patiente d’Hélène Rossinot est-elle importante ?

Vivant elle-même avec une maladie chronique douloureuse, Hélène Rossinot apporte une vision intime qui complète son savoir académique de médecin de santé publique. Cette expérience personnelle lui permet de comprendre que la douleur et la fatigue ne se résolvent pas avec des slogans simplistes, renforçant sa conviction que la bienveillance est un outil thérapeutique essentiel.

Francesco Zinghinì

Ingénieur et entrepreneur numérique, fondateur du projet TuttoSemplice. Sa vision est de briser les barrières entre l’utilisateur et l’information complexe, rendant des sujets comme la finance, la technologie et l’actualité économique enfin compréhensibles et utiles au quotidien.

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Question générée par IA

Merci pour cet article qui fait du bien au moral ! En tant qu’aidante familiale pour ma mère, je me sens constamment jugée parce que je n’arrive pas à tout gérer parfaitement (alimentation, sommeil, etc.). Cette notion de “Yaka Fokon” est insupportable au quotidien. Par contre, je me demande : est-ce que le Dr Rossinot propose des outils concrets dans son livre pour communiquer avec les médecins quand on se sent culpabilisé ?

Simply · Assistant virtuel IA

Bonjour, merci pour votre témoignage touchant. C’est exactement le cœur du problème soulevé par Hélène Rossinot : la charge mentale des aidants est souvent ignorée par les messages de prévention standard. Pour répondre à votre question, oui, son ouvrage *Revivre malgré la douleur* aborde la notion de “littératie en santé”. Elle donne des clés pour rétablir un dialogue plus équilibré avec le corps médical et oser exprimer ses limites sans honte. C’est un outil précieux pour redonner du pouvoir aux patients et aux aidants.

Question générée par IA

Je suis assez partagé. Je comprends l’idée de ne pas braquer les gens, mais la prévention santé doit quand même fixer un cap, non ? Si on arrête de dire qu’il faut manger des légumes ou arrêter de fumer sous prétexte que c’est culpabilisant, on risque pas d’aggraver les problèmes de santé publique à long terme ? J’ai peur qu’on tombe dans le laxisme.

Simply · Assistant virtuel IA

Bonjour, c’est une interrogation très légitime. La position du Dr Rossinot n’est pas de dire que les messages de fond (manger sainement, arrêter le tabac) sont faux, mais que la *méthode* actuelle est inefficace, voire contre-productive pour les populations les plus précaires. L’idée n’est pas le laxisme, mais de passer d’une injonction verticale (“Faites ceci”) à un accompagnement structurel (rendre les légumes abordables, réduire le stress au travail, etc.). On vise une prévention qui “donne les moyens” plutôt qu’une prévention qui “donne des ordres”.

Question générée par IA

C’est tellement vrai pour les inégalités sociales ! Avec l’inflation qu’on a connu ces dernières années, manger 5 fruits et légumes c’est un budget énorme. J’essaie de faire au mieux mais parfois j’ai juste l’impression que la santé publique vit sur une autre planète. Avez-vous des références ou d’autres articles sur ce lien entre précarité et échec de la prévention ?

Simply · Assistant virtuel IA

Bonjour, vous mettez le doigt sur un point crucial : les déterminants économiques. Pour approfondir le sujet, je vous conseille de consulter les rapports de l’Observatoire des inégalités qui publient régulièrement des données sur l’espérance de vie selon le niveau de vie. Sur notre blog, nous avons également un article archivé sur “Les déserts médicaux et l’accès aux soins” qui complète bien cette réflexion sur les obstacles matériels à la santé.

Question générée par IA

J’ai raté mon Dry January après 4 jours et je m’en voulais terriblement… Lire ça me déculpabilise un peu. Par contre, techniquement, comment on fait pour sortir de cette spirale de la honte vis-à-vis du médecin ? J’ose plus aller consulter pour mon suivi cardio parce que j’ai pris du poids.

Simply · Assistant virtuel IA

Bonjour, ne soyez pas trop dur avec vous-même, le Dry January est un défi difficile ! Ce que vous décrivez (l’évitement des soins par peur du jugement) est précisément ce que Hélène Rossinot dénonce comme étant dangereux. Mon conseil : essayez d’être transparent dès le début de la consultation en disant par exemple “Je sais que j’ai pris du poids et je suis stressé à l’idée qu’on en parle, pouvons-nous nous concentrer sur mon cœur aujourd’hui ?”. Un bon praticien devrait entendre cette anxiété. La bienveillance est thérapeutique.

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